mercredi 11 février 2026

Les portraits : leur évolution, les formes que ceux-ci peuvent prendre et comment en faciliter la progression au préscolaire

Par Anne Gillain Mauffette

Introduction

Photo Pinnacle                                              Photo Peachtree

 Le dessin fait partie du développement global de l’enfant, il épouse son développement cognitif et moteur.

L’évolution du dessin amène spontanément les enfants, après une longue phase d’exploration sensorimotrice (les «gribouillis»), à représenter des personnages («bonshommes») qui vont progressivement se transformer avec leurs expériences.

                Photo Anne Mauffette                                                                  Photo Kids Resort

Parallèlement,  les enfants vont affiner la conscience de leur corps (entres autres leur schéma corporel) ainsi que leur motricité fine.

On demande souvent en maternelle aux enfants, à différents moments, de faire leur portrait et on juge de leurs capacités à se représenter. L’adulte est souvent pressé d’avoir un dessin ressemblant. Pourtant il faut être patient et connaître les étapes du développement graphique et faire confiance à l'enfant.

On ne va pas intervenir directement dans ce processus d’élaboration de la figure humaine; pas de démonstration de comment faire (un rond pour la tête, un rond pour le corps, etc.). On va plutôt offrir des occasions d’observation de soi, de ses poupées et des occasions de mouvement qui vont aider les enfants à prendre conscience de leurs spécificités, de la façon dont leur corps et celui des autres bougent. Et amplement d’occasions et d’outils pour dessiner, peindre, etc.

Ce n’est pas parce qu’un enfant ne représente pas son cou qu’il ne sait pas qu’il a un cou (en fait, le cou apparait souvent vers 7 ans). «De même si parfois il ne dessine pas les bras».C’est qu’il représente ce qui est important pour lui ou ce qui le frappe. Ou encore, il n'avait plus de place sur sa feuille.

Bien sûr on pourra proposer des jeux psychomoteurs où ils ont la possibilité de sentir les différentes parties de leurs corps (dont le cou) en roulant des balles sur soi, se chatouillant avec des plumes, etc. La balle va aussi les aider à prendre conscience de l’épaisseur de ses membres.

L’enfant sait aussi très bien que ses bras ont à peu près la même longueur et pourtant il va souvent représenter le bras qui est dans l’action de façon plus marquée (plus long, plus gros).

Ici, il a aussi exagéré le chapeau du cuisinier et le plateau de biscuits.

Photo Anne Mauffette

Plus tard quand il sera à l’étape du réalisme (vers 8, 9 ans), il voudra au contraire que son dessin ou sa peinture représente le plus fidèlement possible, ce qu’il perçoit.

Il va respecter les proportions. Il va tenter de représenter ce qui est plus près, plus loin en variant la taille des personnages par exemple.

Photo Anne Mauffette

Les personnages vont rester raides.

Puis on va voir apparaître l’articulation des membres.

Les étapes

L’étape du «gribouillis»,

Photos Anne Mauffette

C’est une première étape importante qui n’est pas à négliger. 

«L'enfant va découvrir le papier et le crayon (mettre ce dernier à sa bouche, le faire rouler, tomber par terre, froisser la feuille). Puis il constate que le crayon laisse une trace sur la feuille», ce qui le ravit. « Il va expérimenter les points, les lignes, les mouvements d'aller retour de gauche à droite, puis de haut en bas. Ce qui le motive avant tout c'est le plaisir du geste. Progressivement sa main se met à tourner et apparaissent des griffonnages aux mouvements circulaires.»1

                            Il ne s’agit pas de « barbouillages».

Les enfants y explorent et perfectionnent tous les gestes graphiques dont ils vont avoir besoin dans leurs dessins futurs : lignes droites, lignes qui se croisent, lignes courbes, circulaires, lignes hachurés, en dent de scie, errantes,  boucles, points, spirales, croix… et finalement, avec la capacité de l’œil à suivre le chemin tracé, celles de contrôler et d’arrêter son geste : la forme fermée. Ils acquièrent un vocabulaire de lignes et de formes.

 Il y a donc beaucoup de répétitions pendant que les petits apprennent à maîtriser les outils et leurs actions. Il ne faut pas les hâter à absolument représenter « un bonhomme». Il ne faut pas non plus attendre des enfants qui commencent juste à « faire des bonhommes», qu’ils écrivent de petites lettres : ils n’en sont pas là.

Le gribouillage va évoluer vers des formes rudimentaires mais efficaces.

Les premières ébauches de personnage

Elles débutent en général vers trois ans. Mais j’ai vu un enfant d’un an et demi représenter sa mère enceinte, en faisant une spirale et des petits point à l’intérieur et nommer son dessin : «Maman, bébé» exprimant sa préoccupation du moment. On n’aurait pas pu deviner, en voyant le dessin, de la signification donnée par l’enfant si on ne l’avait pas entendu.

Toutefois, il ne faut pas s’étonner que certains enfants qui n’ont pas eu beaucoup d’expérience en dessin, ne fassent pas de «bonshommes» en début de la maternelle 4 ans. Il faut simplement leur donner du temps et des outils intéressants.

Ils vont accéder progressivement au stade figuratif.

Il faut noter que les auteurs s’entendent sur différents stades qui ont certaines caractéristiques: le pré-schématique, le schématique et celui du réalisme, mais les âges proposés à l’intérieur de ces catégories varient*.  En fait les frontières entre ces étapes sont poreuses puisque les enfants, même s’ils progressent tous (dans le monde entier) à travers ces stades, le font à des rythmes individuels. Deux enfants du même âge vont se retrouver à des stades différents.

On va donc se fier davantage aux façons de faire de l’enfant et non à son âge pour dire où il en est.

Vers l’émergence des schémas (pré-schematique ou pré-symbolique) *:

Les enfants commencent à faire des liens entre leurs tracés et le monde autour d’eux et vont commencer à communiquer à travers leurs dessins. Un de leur premier sujet est la figure humaine.

La forme des personnages commence souvent avec une forme fermée arrondie, à laquelle vont se greffer des rayons de type mandala ou soleil.

«À l’intérieur (de la forme arrondie) l’enfant trace des points et des lignes. On devine plus ou moins, des éléments du visage». Au fil des jours, des semaines, les rayons s’allongent pour devenir des jambes et plus tard deux autres pour les bras.»1

«Le personnage apparaît c’est le céphalopode»1 

Puis ces lignes vont devenir des bras et des jambes (bonhomme têtard ou allumette) et parfois les cheveux.

En fait, il y au départ, plusieurs types ou lignées de « bonshommes» selon les enfants.

Selon Arno Stern
Bonhomme patate   Bonhomme route  Bonhomme fleur

On va trouver de multiples variations.

Certains vont faire une tête sans yeux ou avec. 

Ils vont ajouter des membres inférieurs.

 Ici cet ovale symbolise à la fois la tête et le corps.

L’enfant a dit : C’est mon papa, tu vois le gros là et moi le petit (notions de grandeurs)

Des jambes sans pieds.

Ou avec                                  Photos Anne Mauffette

On va noter l’importance donnée à la tête                               

Puis des bras avec doigts ou sans.

 Importance du nombril

Vers 4 ans, «le duo tête corps apparaît1»« L’enfant commence à associer des formes géométriques … pour construire un personnage1».

Là encore, on va retrouver beaucoup de répétitions des premières formes, des variations  et des modifications sur celles-ci.


                    Ma famille                                          Maman et papa qui chicanent les enfants       Mamie        
                Photos Anne Mauffette  

 L’enfant va parfois nommer les personnages et nous raconter son dessin. Il s’agit souvent de lui-même et des membres de sa famille, des thèmes émotivement importants.

Je me promène avec ma maman; je lui donne la main. Mon papa dort ; quand il va se réveiller il va faire des crêpes (représentées en orange à droite).     Photos Boulder Journey

Mon père ma mère et moi. (Ici la couleur trace la limite du torse),  Mon père ma mère, moi et mon frère.

«J’ai fait une boucle, parce que c’est une fille», dit Guillaume.
 Je lui fait remarquer qu’ils y en a plusieurs.
« C’est une classe de filles. Les garcons n’ont pas le droit d’y aller», invente-t-il.  Photo Anne Mauffette

Même avec le peu de traits qu’ils savent faire ils peuvent exprimer leurs émotions, leurs intérêts et même faire de l’humour ou témoigner de leurs connaissances.

Guillaume a fait «un bonhomme fâché». Et un autre quelques jours plus tard
( On voit qu’il n’a pas utilisé le même schème).
Des bonhommes avec des fusils. Il en fera plusieurs variations : fusils à tornades, à eau, etc. 
(Il a rajouté des pieds)

En regardant le dessin de Guillaume, je lui demande : «C’est quoi ce rond avec une barre ?» «Ça veut dire interdit». «Et qu’est-ce qu’on a pas le droit de faire ?». « Le bonhomme peut pas rentrer chez toi» « Et pourquoi ? Il a l’air gentil, il a un grand sourire» «Parce qu’il a fait des bêtises». Il court à la table de dessin et revient plus tard avec le deuxième dessin. «Interdit aux femmes enceintes. Maman ne pourra pas rentre chez toi» dit-il en riant.

Guillaume annonce : « Moi je sais faire de vrais yeux». Il se met à l'œuvre mais cela ne fonctionne pas avec les crayons de cire qu’il a choisi, Il prend les feutres et en refait un autre. Pendant qu’il dessine, il dit : « il y a le blanc le noir et la couleur.»  «Oui» , dit sa maman : «il y a l’iris et la pupille» « Mais ces yeux là me font un peu peur» ajoute-t-elle. Mais Guillaume répond que « C’est comme ça, il y a des lignes de sang dans nos yeux». «Tu as raison, il y a des vaisseaux sanguins».

Ils peuvent même représenter des choses qu’ils aiment faire à la garderie ou la maternelle.

On a joué aux Légos et fait un camion                J’ai joué sur la glissoire avec Eve         

Entre 4 et 6 ans, on constate un épanouissement des capacités en dessin. La complexité de la représentation devient de plus en plus grande.

L’enfant va varier ses formes de représentations, introduisant des nouveaux concepts.

La forme de base (forme fermée et lignes) va aussi servir à créer des fleurs, des arbres, des animaux.

L’humain va être représenté de façon de plus en plus élaborée.

On va observer les progrès effectués dans le nombre de parties du corps représentés, les traits du visage, l’élaboration des membres d’abord représentés par une ligne puis deux puis des articulations, le respect des proportions, etc.

Photos Anne Mauffette

Les enfants vont commencer à maîtrise en plus du rond et de l’ovale, d’autres formes géométriques: le carré, le rectangle, triangle qui vont leur servir pour élaborer leurs personnages mais aussi des maisons, des châteaux, des bateaux, des véhicules, etc.

Photos Anne Mauffette

On voit apparaître l’élaboration du tronc : une tête ronde et un corps rectangulaire ou triangulaire. Les personnages sont de face.

                        Dans le deuxième dessin les boutons ont remplacé le nombril.              Photos Anne Mauffette

On va voir des variantes, à partir d’une même forme de base.  On va souvent pouvoir reconnaître les spécificités d’une enfant.

Deux dessins d’une même enfant.                  Photos Anne Mauffette

On voit apparaître un début d’épaisseur des membres. Puis ceux-ci deviennent doubles.

Photos Anne Mauffett                          

On va remarquer qu’une place grandissante est donnée aux mains, aux pieds et aux doigts.

Qu’il y a des suggestions de vêtements.

Photo Anne Mauffette            Photo Garden Gate                  Photo Anne Mauffette
Photo Pinnacle                                                          Photo Anne Mauffette

 Les personnages les plus importants sont souvent les plus grands.

Les enfants ont des sujets préférés.

Ils ont maintenant tendance à représenter leurs amis :

             Photos Kids Resort          Une courtepointe de portraits dont le thème est l’amitié.
                                                                         

À cette époque, des lettres vont apparaître dans leurs dessins, souvent celles de leurs noms, mais pas seulement.

Guillaume 5 ans et 2 mois, exprime son mécontentement de s’être fait enlever un jouet
 (È) pour Hey. Il a utilisé la première lettre de son nom et a copié le mot FIN
 dans une bande dessinée pour exprimer son besoin. 
Photos Anne Mauffette


L’évolution pendant ces années est impressionnante, mais est inégale chez les enfants.

Stade du schématisme* (ou symbolisme)

Vers 6, 7 ans, les enfants passent graduellement à une autre étape.

Les enfants vont maintenant avoir tendance à utiliser les couleurs traditionnelles : les cheveux sont bruns, noirs, gris ou jaune (pour les blonds), un tronc d’arbre est brun, le ciel est bleu, le gazon vert, etc.

Photos Anne Mauffette
Sous la pluie. Enfant de 6 ans.

Ils ont souvent le souci du détail. Par exemple, les détails des vêtements vont être ajoutés : couronnes, colliers, etc.

Photos Anne Mauffette

 Chaque enfant va développer son image visuelle de la forme humaine et son prototype de représentation (le schéma). Il va le composer de la même manière, de façon organisée.

 Il a acquis un répertoire de plusieurs symboles qu’il peut utiliser à sa guise. Il va les perfectionner. Tout ce à quoi il peut penser peut être représenté.

Photo Anne Mauffette

Étape du réalisme

À ce stade apparaît de plus en plus un désir de réalisme, c’est-à-dire de rendre le dessin ou la peinture le plus ressemblant à la réalité que l’enfant perçoit.

Les enfants vont se représenter en groupe, dans leurs activités préférées:

Patin en famille                                   Photos Anne Mauffette                                    Hockey

                    Photos Anne Mauffette                À droite,  le chien et sa tête sont vus de profil.

Il y a un autre stade, le naturalisme mais qui ne nous concerne pas à l’éducation préscolaire.

Bien sûr, les âges mentionnés sont approximatifs, les enfants évoluant à des rythmes différents et même très hétérogènes. L’adulte va respecter et accepter à la fois la démarche de l’enfant et le résultat qu’il produit. Cela va donner à celui-ci la confiance nécessaire pour poursuivre ses explorations.

On ne va pas le bousculer, mais lui offrir des possibilités de se découvrir et de perfectionner ses gestes.

Faciliter l’évolution du dessin du corps humain au préscolaire

Pour soutenir les enfants dans leur démarche artistique, on va varier les médiums utilisés motivant ainsi les enfants à revenir sur le sujet sans se lasser : feutres, peinture, collages, glaise, fil de fer.

On pourra aussi proposer du dessin d’observation pour exercer leur regard et leurs actions.

Voir l’article Le dessin, une habileté à développer au préscolaire et au primaire :

https://jeulibrequebec.blogspot.com/2022/06/le-dessin-une-habilete-developper-au.html

dont sont tirées certaines photos de ce texte.

Les visages : les observer, les étudier

Apprendre à se reconnaître sur des photos

L’étude des visages va provoquer des représentations de plus en plus précises.

Se maquiller amène les enfants à remarquer les caractéristiques de leurs visages tout en les transformant.

                                    Photo Garden Gate                             Photo Boulder Journey

En étudiant certaines parties du visage, les enfants vont remarquer la forme que peut prendre celles-ci. 

En se regardant dans un miroir, les enfants vont analyser leurs traits.La bouche qui sourit ou qui baille ou qui crie, n’a pas la même allure.

Voici quelques commentaires d’enfants de 5 et 6 ans*:

La bouche a une forme longue, comme les yeux.

C’est comme un boomerang.

Quand tu souris, ta bouche a l’air d’une demi-lune.

Si tu ouvres ta bouche grand, on dirait que tu as peur.

Le dessus des lèvres c’est comme les bosses d’un chameau.

Photo Beverly Hills         Photo Peachtree                                    Photo Beverly Hills 

Et se représenter.

Les photos des enfants se regardant dans le miroir et dessinant sont exposés dans le local avec les résultats.

Étudier ses yeux

On va leur proposer d’étudier différentes parties de leurs visages : ici les yeux.

                                        Photos Boulder Journey

Photo Garden Gate                                                                                     Mairtown Kindy 

Ou en examinant une photo :

                        Photos Mustard Seed

En complétant une photo :

On va vouloir  diversifier les formes de représentation proposées pour toucher aux intérêts des enfants, élargir leur palette d’habiletés et reprendre le sujet sans se lasser.

En dessin,

Les enfants ont aussi collées les lettres de leur nom Photos Kids Resort

Dessiner dans le sable ou le sel

Avec de la colle

Sur le rétroprojecteur :

Si on projette sur une feuille sur le mur, les enfants pourraient ensuite ajouter de la couleur.

On peut amener les enfants dans une galerie d’art ou un musée pour observer des portraits de personnages divers.

Ces enfants sont allés dans une galerie d’art où l’exposition traitait de femmes marginalisées dans des tableaux aux couleurs éclatantes qui ont enchanté les enfants. Ils ont tenté de représenter le visage de cette femme.

                            Photos Garden Gate

À  l ‘encre avec des pinceaux:

                                                Photo Beverly Hills

À la gouache, l’aquarelle:

                                        Photo Garden Gate                                     Photo Pinnacle                                                               
On remarquera à gauche, le miroir accroché au chevalet

On peut aussi leur offrir de passer du dessin à la peinture :

                                        Photo Beverly Hills

                Ces enfants de 5-6ans démontrent déjà beaucoup d’expérience.                         Photos Suzanne Axelsson

En pâte à modeler, en aplat:


En glaise en aplat ou en 3 dimensions:

                                    Photo Peachtree                                                Photo Kids Resort

On peut aussi offrir aussi de passer d’un dessin à la glaise

Des collages:

                        Photos Garden Gate

On pourra aussi offrir aux enfants de compléter leurs portraits avec des images de choses qu’ils aiment.

Ici ce sont des parents qui lors d’une rencontre ont utilisé le dessin de leur enfant pour faire un collage qui le représente.

En papier mâché:



On peut aussi représenter des éléments du visage avec des objets polyvalents :

Certains enfant plus jeunes ne sont pas encore prêts ou montrent peu d’intérêt pour le dessin. On peut alors leur proposer (dans leur coin préféré, ici le coin blocs), des objets recyclés à placer sur un support :

Ils y travaillent leur capacité à observer les caractéristiques des objets, celle de choisir des formes d’objets qui conviennent, leur flexibilité, l’utilisation alternative d’objets (substitution), leur créativité.

Les plus grands aussi aiment s’adonner à cette activité mais ils n’ont plus besoin de repères.

                        Dessin et objets polyvalents

Photo Beverly Hills                                                                       Photos Garden Gate   

                                                    Photo Beverly Hills                                                     

Le jeu About Face (Éditions eeBoo) présente des cartes à assembler pour faire des visages utilisant des images d’objets de tous les jours qui inspireront ensuite les enfants pour en faire en trois dimensions.



Les enfants vont aussi spontanément représenter leurs familles  (animaux inclus).

Ils peuvent être invités, à représenter les visages de leurs parents (comme surprise avant un rencontre de parents par exemple).

Portraits de leurs mamans        Portraits de leurs papas et dessin d’eux-mêmes avec leur papa  Photo Kids Resort                                                                                                                                                    
Voici un montage (collage) d’une création faite par chaque enfant et d’une photo, où les enfants ont pu exprimer et ajouter leurs goûts qui ont été transcrits par l’adulte. Une production qui capture un moment dans la vie des enfants, qui renforce l’identité, la conscience et l’estime de soi de ceux-ci et qui peut faire un beau cadeau pour les parents, par exemple.


Les personnages :

Examiner son ombre

En projetant leur ombre sur le mur ou sur un fond imagé, les enfants vont prendre conscience de leurs corps et de comment il bouge.

                                                        Photo Pinnacle

                        Photo Boulder Journey

Faire le contour du corps et le peindre ensuite est une activité courante en maternelle.

Ici, les enfants ont été un cran plus loin en «s’habillant» avec des tissus et en étudiant leurs yeux et leurs visages ainsi que différentes parties de leurs corps. Ceci s’est fait en plusieurs étapes.


Les enfants ont exploré leur image dans des miroirs, leurs yeux d’abord. Nous avons exploré les couleurs de peau, tracé les contours et peint avec les couleurs de peau. Nous avons exploré une variété de tissus et lu des livres entre autres sur les stéréotypes de genres par rapport aux vêtements. Puis les enfants ont choisi les tissus pour fabriquer leurs vêtements. Les enfants ont examinés leurs visages et cheveux dans les miroirs et exploré plusieurs couleurs de laine pour représenter leurs cheveux.

Ils ont abordé leur apparence, ce qu’ils aimaient et comment ils pouvaient être importants pour les autres.


Se représenter avec différents médiums :

En deux dimensions 

En dessin, en peinture:


Photo  Pinnacle                            Arianna 5 ans. Photo Roberta Pucci dans le blog de Suzanne Axelsson
Photo Danielle Jasmin

On pourra proposer de se représenter en peinture aux doigts et prendre une impression.

Ou représenter des personnages au tableau.

                                        Photo Anne Mauffette                             Photo Danielle Jasmin

Avec des cotons tiges («Q Tips») et de l’eau de javel  (une petite quantité dans des petits bouchons) qui va effacer la couleur.

Des techniques de réserve, où l’on masque son dessin avant d’appliquer la couleur.

On pourra aussi représenter en dessin quelqu’un d’autre qui sert de modèle.

Photo Peachtree

En collage :

Avec du carton ou du papier:

Photos Anne Mauffette

 Avec des gommettes et des papiers :

                                Photos Kids Resort

Se représenter en se dessinant puis avec des tissus (ou des papiers imprimés).

Photos Garden Gate

 En pâte à modeler ou terre glaise

Photo Anne Mauffette                                      Photo Kids Resort

On pourra prendre des photos des enfants en mouvement puis ils pourront tenter de se représenter en dessin ou en terre glaise ou pâte à modeler.

Photos Peachtree

En fil de fer:

Dans un projet sur des acrobates, les enfants ont d’abord dessiné leurs personnages puis les ont façonnés en fil de fer.              Photo RedLeaf Press.

On peut aussi utiliser des « Wikki Stiks» ou des cure-pipes.

Voir : Explorer les matériaux : le fil de fer : https://jeulibrequebec.blogspot.com/2022/03/experimentations-avec-les-materiaux.html

Et jouer avec le fil de fer : Promouvoir le jeu libre au Québec: Jouer avec le fil de fer

On peut aussi proposer d’explorer les couleurs de notre peau.

Ces enfants ont fait des mélanges de différentes couleurs de peau 
et essaient de les apparier avec la couleur de leurs mains.
            Photos Garden Gate

On peut aussi examiner et dessiner d’’autres parties de notre corps.


            Ces enfants ont décrit leur partie du corps préférée.

Sur le rétroprojecteur :

Zoé fait une composition. Cela commence avec une pièce jaune à laquelle elle ajoute deux rondelles de caoutchouc (des yeux) puis utilise une chaine comme collier, prend un morceau de filet en plastique et en fait une robe, deux morceaux de styromousse recourbés feront les bras, deux autres  les jambes. Elle ajoute deux pierres pour les pieds et trouve deux ronds roses pour les mains. Photo Anne Mauffette

Avec des éléments recyclés :

Ils pourraient aussi jouer avec des photos d’eux-mêmes  dans le coin de construction ou ailleurs 

Photo Pinnacle

Ici les enfants ont imprimé leur photo et se sont faits photographier dans différentes position et projetés avec une tablette dans des livres.

Photos Peachtree

L’espace

Au niveau de la représentation de l’espace les dessins sont d’abord a-spatiaux, les éléments flottent dans la feuille. Puis l’enfant va prendre conscience du haut et du bas : il va placer une ligne de sol et placer ses personnages sur celle-ci ou parfois  légèrement au-dessus. Une ligne pour le ciel qui va plus tard s’étendre jusqu’en bas.

Il y a, à un moment donné, des efforts pour montrer les choses qui sont plus loin ou plus proches en jouant avec la taille.

La vraie perspective va venir plus tard.

Conclusion

Plus les enfants auront observé des humains dans différentes situations, même de profil et de dos, plus leurs capacités de représentation vont évoluer.

Bien sûr le niveau des productions va varier d’un enfant à l’autre, selon l’expérience qu’il a et son intérêt. Mais tout est accueilli.

Portraits recolorés
 Photos Kids Resort 

On va souligner positivement certaines caractéristiques de la réalisation ce qui va motiver l’enfant à continuer ses explorations.

Le fait de les observer, les écouter, va beaucoup nous informer sur les particularités de chaque enfant : ses processus, ses intérêts, ses émotions. Documenter le tout est une nécessité.

En effet, il est intéressant de conserver, sur une période, les dessins des enfants, soit dans des portfolios soit sur photos, avec la date et les commentaires des enfants s’il y en a eu. On va ainsi pouvoir revisiter ceux-ci, pour en apprécier nous-mêmes l’évolution, mais aussi avec les enfants ainsi que leurs parents.

Certains enfants sont peu enclins vers le dessin ou la peinture et c’est pourquoi il faut trouver des manières de les attirer vers la représentation visuelle, plastique, en offrant des médiums qui les sollicitent.

Car les arts visuels sont essentiels au préscolaire. Ils permettent aux enfants d’évoluer dans toutes les sphères de développement. Ils vont entre autres :

-          aiguiser leurs perceptions sensorielles : distinguer les couleurs, tons, différentes textures, odeurs, éprouver des sensations et les nommer;

-           affiner leur motricité fine : tenir un pinceau, un marqueur, couper avec des ciseaux, travailler la glaise va augmenter leur dextérité, leur endurance ;

-          consolider leur estime d’eux-mêmes,

-          améliorer leur langage : s’exprimer, augmenter leur vocabulaire, partager leur pensée avec les autres;  

-          s’exercer à résoudre des problèmes : trouver des solutions créatives;

-          renforcer leur persévérance et résilience face à des défis techniques;

-          découvrir les notions spatiales et autres concepts mathématiques: formes, grandeurs, profondeur, etc.;

-          et développer un sens esthétique et critique.

En «travaillant» sur eux-mêmes comme sujets d’étude et de représentation, ils vont parfaire leurs identités, jouir de leurs nouvelles possibilités de créer et se sentir exister, vus et appréciés.

Références

1. Ces citations sont une gracieuseté de Dominique Carreau que je remercie pour sa précieuse contribution.

*Ces citations (traduction libre) sont tirées du livre Mobilité d’Expression par Reggio Children Italie.

Cet article est basé sur mes lectures des classiques : Arno Stern, Howard Gardner, Lowenfeld, Paul Beaupré, Rhoda Kellogg, etc., mais surtout sur mes observations des nombreux enfants qui ont gravité autour de moi.

*Certains auteurs disent :

- Gribouillis : 2 à 3 ans, d'autres 2 à 4

- Pré-Schématique : 3 à 5, d’autres 4 à 6, d’autres 4 à 7

- Schématique : 6 à 8 d’autres 7 à 9

- Réalisme : 7 à 9 ans, d’autres 9 à 12

 

Les portraits : leur évolution, les formes que ceux-ci peuvent prendre et comment en faciliter la progression au préscolaire

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