Par Anne Gillain Mauffette
Introduction
L’évolution du dessin amène spontanément les enfants, après une longue phase d’exploration sensorimotrice (les «gribouillis»), à représenter des personnages («bonshommes») qui vont progressivement se transformer avec leurs expériences.
Photo Anne Mauffette Photo Kids ResortParallèlement, les enfants vont affiner la conscience de leur
corps (entres autres leur schéma corporel) ainsi que leur motricité fine.
On demande souvent en maternelle aux enfants, à
différents moments, de faire leur portrait et on juge de leurs capacités à se
représenter. L’adulte est souvent pressé d’avoir un dessin ressemblant.
Pourtant il faut être patient et connaître les étapes du développement
graphique et faire confiance à l'enfant.
On ne va pas intervenir directement dans ce processus d’élaboration
de la figure humaine; pas de démonstration de comment faire (un rond pour la tête, un rond pour le corps, etc.). On
va plutôt offrir des occasions d’observation de soi, de ses poupées et des occasions de mouvement
qui vont aider les enfants à prendre conscience de leurs spécificités, de la
façon dont leur corps et celui des autres bougent. Et amplement d’occasions et
d’outils pour dessiner, peindre, etc.
Ce n’est pas parce qu’un enfant ne représente pas son cou qu’il ne sait pas qu’il a un cou (en fait, le cou apparait souvent vers 7 ans). «De même si parfois il ne dessine pas les bras».1 C’est qu’il représente ce qui est important pour lui ou ce qui le frappe. Ou encore, il n'avait plus de place sur sa feuille.
Bien sûr on pourra proposer des jeux psychomoteurs où
ils ont la possibilité de sentir les différentes parties de leurs corps (dont
le cou) en roulant des balles sur soi, se chatouillant avec des plumes, etc.
L’enfant sait aussi très bien que ses bras ont à peu
près la même longueur et pourtant il va souvent représenter le bras qui est
dans l’action de façon plus marquée (plus long, plus gros).
Ici,
il a aussi exagéré le chapeau du cuisinier et le plateau de biscuits.
Plus tard quand il sera à l’étape du réalisme (vers 8,
9 ans), il voudra au contraire que son dessin ou sa peinture représente le plus
fidèlement possible, ce qu’il perçoit.
Il va respecter les proportions. Il va tenter de représenter
ce qui est plus près, plus loin en variant la taille des personnages par exemple.
Les
personnages vont rester raides.
Puis on va voir apparaître l’articulation des membres.
Les étapes
L’étape du «gribouillis»,
«L'enfant va découvrir le papier et le crayon (mettre ce dernier à sa bouche, le faire rouler, tomber par terre, froisser la feuille). Puis il constate que le crayon laisse une trace sur la feuille», ce qui le ravit. « Il va expérimenter les points, les lignes, les mouvements d'aller retour de gauche à droite, puis de haut en bas. Ce qui le motive avant tout c'est le plaisir du geste. Progressivement sa main se met à tourner et apparaissent des griffonnages aux mouvements circulaires.»1
Il ne s’agit pas de « barbouillages».
Les enfants y explorent et perfectionnent tous les
gestes graphiques dont ils vont avoir besoin dans leurs dessins futurs :
lignes droites, lignes qui se croisent, lignes courbes, circulaires, lignes
hachurés, en dent de scie, errantes, boucles,
points, spirales, croix… et finalement, avec la capacité de l’œil à suivre le
chemin tracé, celles de contrôler et
d’arrêter son geste : la forme fermée. Ils acquièrent un vocabulaire de
lignes et de formes.
Il y a donc
beaucoup de répétitions pendant que les petits apprennent à maîtriser les
outils et leurs actions. Il ne faut pas les hâter à absolument représenter « un
bonhomme». Il ne faut pas non plus attendre des enfants qui commencent juste à
« faire des bonhommes», qu’ils écrivent de petites lettres : ils n’en sont
pas là.
Le gribouillage va évoluer vers des formes rudimentaires
mais efficaces.
Les premières ébauches de personnage
Elles débutent en général vers trois ans. Mais j’ai vu
un enfant d’un an et demi représenter sa mère enceinte, en faisant une spirale
et des petits point à l’intérieur et nommer son dessin : «Maman, bébé»
exprimant sa préoccupation du moment. On n’aurait pas pu deviner, en voyant le
dessin, de la signification donnée par l’enfant si on ne l’avait pas entendu.
Toutefois, il ne faut pas s’étonner que certains
enfants qui n’ont pas eu beaucoup d’expérience en dessin, ne fassent pas de
«bonshommes» en début de la maternelle 4 ans. Il faut simplement leur donner du
temps et des outils intéressants.
Ils vont accéder progressivement au stade figuratif.
Il faut noter que les auteurs s’entendent sur différents stades qui
ont certaines caractéristiques: le pré-schématique, le schématique et celui du
réalisme, mais les âges proposés à l’intérieur de ces catégories varient*. En fait
les frontières entre ces étapes sont poreuses puisque les enfants, même s’ils
progressent tous (dans le monde entier) à travers ces stades, le font à des
rythmes individuels. Deux enfants du même âge vont se retrouver à des stades
différents.
On va donc se fier davantage aux façons de faire de
l’enfant et non à son âge pour dire où il en est.
Vers l’émergence des schémas (pré-schematique
ou pré-symbolique) *:
Les enfants commencent à faire des liens entre leurs
tracés et le monde autour d’eux et vont commencer à communiquer à travers leurs
dessins. Un de leur premier sujet est la figure humaine.
La forme des personnages commence souvent avec une
forme fermée arrondie, à laquelle vont se greffer des rayons de type mandala ou
soleil.
«À l’intérieur (de la forme arrondie) l’enfant trace des points et des lignes. On devine plus ou moins, des éléments du visage». Au fil des jours, des semaines, les rayons s’allongent pour devenir des jambes et plus tard deux autres pour les bras.»1
«Le personnage apparaît c’est le céphalopode»1
Puis ces lignes vont devenir des bras et des jambes
(bonhomme têtard ou allumette) et parfois les cheveux.
En
fait, il y au départ, plusieurs types ou lignées de « bonshommes» selon les
enfants.
On
va trouver de multiples variations.
Certains
vont faire une tête sans yeux ou avec.
Ils vont ajouter des membres inférieurs.
Ici cet ovale symbolise à la fois la tête et
le corps.
Des jambes sans pieds.
On va noter l’importance donnée à la tête
Puis
des bras avec doigts ou sans.
Vers 4 ans, «le duo tête corps apparaît1»« L’enfant commence à associer des formes géométriques … pour construire un personnage1».
Là encore, on va retrouver beaucoup de répétitions des premières formes, des variations et des modifications sur celles-ci.
Même avec le peu de traits qu’ils savent faire ils peuvent exprimer leurs
émotions, leurs intérêts et même faire de l’humour ou témoigner de leurs
connaissances.
Ils peuvent même représenter des choses qu’ils aiment faire à la garderie
ou la maternelle.
Entre 4 et 6 ans, on constate un épanouissement des
capacités en dessin. La complexité de la représentation devient de plus en plus
grande.
L’enfant va varier ses formes de représentations, introduisant des nouveaux concepts.
La forme de base (forme fermée et lignes) va aussi
servir à créer des fleurs, des arbres, des animaux.
L’humain va être représenté de façon de plus en plus
élaborée.
On va observer les progrès effectués dans le nombre de
parties du corps représentés, les traits du visage, l’élaboration des membres
d’abord représentés par une ligne puis deux puis des articulations, le respect
des proportions, etc.
Les enfants vont commencer à maîtrise en plus du rond
et de l’ovale, d’autres formes géométriques: le carré, le rectangle,
triangle qui vont leur servir pour élaborer leurs personnages mais aussi des
maisons, des châteaux, des bateaux, des véhicules, etc.
On
voit apparaître l’élaboration du tronc : une tête ronde et un corps
rectangulaire ou triangulaire. Les personnages sont de face.
Dans le deuxième dessin les boutons ont remplacé le nombril. Photos Anne Mauffette
On va voir des variantes, à partir d’une même forme de base. On va souvent pouvoir reconnaître les spécificités d’une enfant.
On
voit apparaître un début d’épaisseur des membres. Puis ceux-ci deviennent
doubles.
On va remarquer qu’une place grandissante est donnée aux mains, aux pieds et aux doigts.
Qu’il
y a des suggestions de vêtements.
Les enfants ont des sujets préférés.
Ils ont maintenant
tendance à représenter leurs amis :
Photos Kids Resort Une courtepointe de portraits dont le thème est l’amitié.
À
cette époque, des lettres vont apparaître dans leurs dessins, souvent celles de
leurs noms, mais pas seulement.
L’évolution pendant ces années est impressionnante, mais est inégale chez les enfants.
Stade du schématisme* (ou symbolisme)
Vers 6, 7 ans, les enfants passent graduellement à une
autre étape.
Les enfants vont maintenant avoir tendance à utiliser
les couleurs traditionnelles : les cheveux sont bruns, noirs, gris ou
jaune (pour les blonds), un tronc d’arbre est brun, le ciel est bleu, le gazon
vert, etc.
Ils
ont souvent le souci du détail. Par exemple, les détails des vêtements vont
être ajoutés : couronnes, colliers, etc.
Il a acquis un répertoire
de plusieurs symboles qu’il peut utiliser à sa guise. Il va les perfectionner.
Tout ce à quoi il peut penser peut être représenté.
Étape du réalisme
À ce stade apparaît de plus en plus un désir de réalisme, c’est-à-dire de rendre le dessin ou la peinture le plus ressemblant à la réalité que l’enfant perçoit.
Les
enfants vont se représenter en groupe, dans leurs activités préférées:
Il y a un autre stade, le naturalisme mais qui ne nous concerne pas à l’éducation préscolaire.
Bien sûr, les
âges mentionnés sont approximatifs, les enfants évoluant à des rythmes
différents et même très hétérogènes. L’adulte va respecter et accepter à la
fois la démarche de l’enfant et le résultat qu’il produit. Cela va donner à
celui-ci la confiance nécessaire pour poursuivre ses explorations.
On ne va pas le bousculer, mais lui offrir des possibilités de se découvrir et de perfectionner ses gestes.
Faciliter l’évolution du dessin du corps
humain au préscolaire
Pour soutenir les enfants dans leur démarche
artistique, on va varier les médiums utilisés motivant ainsi les enfants à revenir
sur le sujet sans se lasser : feutres, peinture, collages, glaise, fil de
fer.
On pourra aussi proposer du dessin d’observation pour
exercer leur regard et leurs actions.
Voir
l’article Le dessin, une habileté à
développer au préscolaire et au primaire :
https://jeulibrequebec.blogspot.com/2022/06/le-dessin-une-habilete-developper-au.html
dont sont tirées certaines photos de ce texte.
Les visages : les observer, les
étudier
Apprendre à se reconnaître sur des photos
L’étude
des visages va provoquer des représentations de plus en plus
précises.
Se maquiller
amène les enfants à remarquer les caractéristiques de leurs visages tout en les
transformant.
Photo Garden Gate Photo Boulder Journey
En étudiant certaines parties du visage, les enfants vont remarquer la forme que peut prendre celles-ci.
En se regardant dans un miroir, les enfants vont analyser leurs traits.La bouche qui sourit ou qui baille ou qui crie, n’a pas la même allure.
Voici
quelques commentaires d’enfants de 5 et 6 ans*:
La
bouche a une forme longue, comme les yeux.
C’est
comme un boomerang.
Quand
tu souris, ta bouche a l’air d’une demi-lune.
Si
tu ouvres ta bouche grand, on dirait que tu as peur.
Le
dessus des lèvres c’est comme les bosses d’un chameau.
Et se représenter.
Étudier ses yeux
On
va leur proposer d’étudier différentes parties de leurs visages : ici les
yeux.
Photos Boulder Journey
Ou
en
examinant une photo :
En
complétant
une photo :
On va vouloir
diversifier les formes de
représentation proposées pour toucher aux intérêts des enfants, élargir
leur palette d’habiletés et reprendre le sujet sans se lasser.
En dessin,
Les enfants ont aussi collées les lettres de leur nom Photos Kids Resort
Dessiner
dans le
sable ou le sel
Avec de la colle
Sur le
rétroprojecteur :
Si on projette sur une feuille sur le mur, les enfants pourraient ensuite ajouter de la couleur.
On
peut amener les enfants dans une galerie d’art ou un musée pour observer des
portraits de personnages divers.
Ces enfants
sont allés dans une galerie d’art où l’exposition traitait de femmes
marginalisées dans des tableaux aux couleurs éclatantes qui ont enchanté les
enfants. Ils ont tenté de représenter le visage de cette femme.
Photos Garden Gate
À l ‘encre avec des pinceaux:
Photo Beverly Hills
À la gouache, l’aquarelle:
Photo Garden Gate Photo Pinnacle
On
peut aussi leur offrir de passer du dessin à la peinture :
Photo Beverly Hills Ces enfants de 5-6ans démontrent déjà beaucoup d’expérience. Photos Suzanne Axelsson
En pâte à modeler,
en aplat:
En glaise
en aplat ou en 3 dimensions:
Photo Peachtree Photo Kids Resort
On
peut aussi offrir aussi de passer d’un dessin à la glaise
Des collages:
Photos Garden Gate
On pourra aussi offrir aux enfants de compléter leurs portraits avec des images de choses qu’ils aiment.
En
papier mâché:
Certains enfant plus jeunes ne sont pas encore prêts
ou montrent peu d’intérêt pour le dessin. On peut alors leur proposer (dans
leur coin préféré, ici le coin blocs), des objets recyclés à placer sur un
support :
Ils y travaillent leur capacité à observer les
caractéristiques des objets, celle de choisir des formes d’objets qui
conviennent, leur flexibilité, l’utilisation alternative d’objets
(substitution), leur créativité.
Les plus grands aussi aiment s’adonner à cette
activité mais ils n’ont plus besoin de repères.
Dessin et objets polyvalents
Le jeu About
Face (Éditions eeBoo) présente des cartes à assembler pour faire des
visages utilisant des images d’objets de tous les jours qui inspireront ensuite
les enfants pour en faire en trois dimensions.
Photos Garden
Gate
Les enfants vont aussi spontanément représenter leurs
familles (animaux inclus).
Ils peuvent être invités, à représenter les visages de
leurs parents (comme surprise avant un rencontre de parents par exemple).
Portraits de leurs mamans Portraits de leurs papas et dessin d’eux-mêmes avec leur papa Photo Kids Resort
Les personnages :
Examiner
son ombre
En projetant leur ombre sur le mur ou sur un fond
imagé, les enfants vont prendre conscience de leurs corps et de comment il
bouge.
Photo Pinnacle Photo Boulder Journey
Faire
le contour du corps et le peindre ensuite est une activité courante en
maternelle.
Ici, les enfants ont été un cran plus loin en
«s’habillant» avec des tissus et en étudiant leurs yeux et leurs visages ainsi
que différentes parties de leurs corps. Ceci s’est fait en plusieurs étapes.
Les enfants ont exploré leur image
dans des miroirs, leurs yeux d’abord. Nous avons exploré les couleurs de peau,
tracé les contours et peint avec les couleurs de peau. Nous avons exploré une
variété de tissus et lu des livres entre autres sur les stéréotypes de genres
par rapport aux vêtements. Puis les enfants ont choisi les tissus pour
fabriquer leurs vêtements. Les enfants ont examinés leurs visages et cheveux
dans les miroirs et exploré plusieurs couleurs de laine pour représenter leurs
cheveux.
Ils ont abordé leur apparence, ce
qu’ils aimaient et comment ils pouvaient être importants pour les autres.
Se
représenter avec différents médiums :
En deux dimensions
En dessin, en peinture:
On
pourra proposer de se représenter en peinture aux doigts et prendre une
impression.
Ou représenter des personnages au tableau.
Photo Anne Mauffette Photo Danielle Jasmin
Avec des cotons tiges («Q Tips») et de l’eau de
javel (une petite quantité dans des
petits bouchons) qui va effacer la couleur.
Des techniques de réserve, où l’on masque son dessin
avant d’appliquer la couleur.
On pourra aussi représenter en dessin quelqu’un
d’autre qui sert de modèle.
En collage :
Avec du
carton ou du papier:
Photos Kids Resort
Se représenter en se dessinant puis
avec des tissus (ou des papiers imprimés).
On pourra prendre des
photos des enfants en mouvement puis ils pourront tenter de se
représenter en dessin ou en terre glaise ou pâte à modeler.
En fil de fer:
Dans un projet sur des acrobates, les enfants ont d’abord dessiné leurs personnages puis les ont façonnés en fil de fer. Photo RedLeaf Press.
On peut aussi
utiliser des « Wikki Stiks» ou des cure-pipes.
Voir : Explorer les matériaux : le fil de fer : https://jeulibrequebec.blogspot.com/2022/03/experimentations-avec-les-materiaux.html
Et jouer avec le fil
de fer : Promouvoir
le jeu libre au Québec: Jouer avec le fil de fer
On peut aussi
proposer d’explorer les couleurs de notre peau.
On peut aussi
examiner et dessiner d’’autres parties de notre corps.
Sur le rétroprojecteur :
Zoé fait une
composition. Cela commence avec une pièce jaune à laquelle elle ajoute deux
rondelles de caoutchouc (des yeux) puis utilise une chaine comme collier, prend
un morceau de filet en plastique et en fait une robe, deux morceaux de
styromousse recourbés feront les bras, deux autres les jambes. Elle ajoute deux pierres pour les
pieds et trouve deux ronds roses pour les mains. Photo Anne Mauffette
Avec des éléments recyclés :
Ils pourraient aussi jouer avec des photos d’eux-mêmes
dans le coin de construction ou ailleurs
Ici les enfants ont imprimé leur photo et se sont faits photographier dans différentes position et projetés avec une tablette dans des livres.
L’espace
Au niveau de la représentation de l’espace les dessins sont d’abord a-spatiaux, les éléments flottent dans la feuille. Puis l’enfant va prendre conscience du haut et du bas : il va placer une ligne de sol et placer ses personnages sur celle-ci ou parfois légèrement au-dessus. Une ligne pour le ciel qui va plus tard s’étendre jusqu’en bas.
Il y a, à un moment donné, des efforts pour montrer
les choses qui sont plus loin ou plus proches en jouant avec la taille.
La vraie perspective
va venir plus tard.
Conclusion
Plus les enfants
auront observé des humains dans différentes situations, même de profil et de
dos, plus leurs capacités de représentation vont évoluer.
Bien sûr le
niveau des productions va varier d’un enfant à l’autre, selon l’expérience
qu’il a et son intérêt. Mais tout est accueilli.
On va souligner positivement certaines caractéristiques de la réalisation ce qui va motiver l’enfant à continuer ses explorations.
Le fait de
les observer, les écouter, va beaucoup nous informer sur les particularités de
chaque enfant : ses processus, ses intérêts, ses émotions. Documenter le
tout est une nécessité.
En effet, il
est intéressant de conserver, sur une période, les dessins des enfants, soit
dans des portfolios soit sur photos, avec la date et les commentaires des
enfants s’il y en a eu. On va ainsi pouvoir revisiter ceux-ci, pour en
apprécier nous-mêmes l’évolution, mais aussi avec les enfants ainsi que leurs
parents.
Certains
enfants sont peu enclins vers le dessin ou la peinture et c’est pourquoi il
faut trouver des manières de les attirer vers la représentation visuelle, plastique,
en offrant des médiums qui les sollicitent.
Car
les arts visuels sont essentiels au préscolaire. Ils permettent aux enfants d’évoluer
dans toutes les sphères de développement. Ils vont entre autres :
-
aiguiser leurs perceptions
sensorielles : distinguer les couleurs, tons, différentes textures, odeurs,
éprouver des sensations et les nommer;
-
affiner leur motricité fine : tenir un pinceau,
un marqueur, couper avec des ciseaux, travailler la glaise va augmenter leur
dextérité, leur endurance ;
-
consolider leur estime d’eux-mêmes,
-
améliorer leur langage : s’exprimer,
augmenter leur vocabulaire, partager leur pensée avec les autres;
-
s’exercer à résoudre des problèmes :
trouver des solutions créatives;
-
renforcer leur persévérance et résilience
face à des défis techniques;
-
découvrir les notions spatiales et
autres concepts mathématiques: formes, grandeurs, profondeur, etc.;
-
et développer un sens esthétique et
critique.
En
«travaillant» sur eux-mêmes comme sujets d’étude et de représentation, ils vont
parfaire leurs identités, jouir de leurs nouvelles possibilités de créer et se
sentir exister, vus et appréciés.
Références
1. Ces citations sont une gracieuseté de Dominique Carreau que je remercie pour sa précieuse contribution.
*Ces
citations (traduction libre) sont tirées du livre Mobilité d’Expression par
Reggio Children Italie.
Cet article
est basé sur mes lectures des classiques : Arno Stern, Howard Gardner,
Lowenfeld, Paul Beaupré, Rhoda Kellogg, etc., mais surtout sur mes observations
des nombreux enfants qui ont gravité autour de moi.
*Certains
auteurs disent :
-
Gribouillis : 2 à 3 ans, d'autres 2 à 4
-
Pré-Schématique : 3 à 5, d’autres 4 à 6, d’autres 4 à 7
-
Schématique : 6 à 8 d’autres 7 à 9
- Réalisme : 7 à 9 ans, d’autres 9 à 12














