mercredi 26 janvier 2022

Un petit jeu pour stimuler la créativité

 Par Anne Gillain Mauffette


Nous avons joué à ce jeu (Creativity Battle), en famille, avec beaucoup de plaisir.

Ce jeu encourage la pensée divergente, alternative, tout en développant la motricité fine.

Ce jeu s’adresse à tous ceux qui savent représenter des choses  donc aux enfants à partir de  5 ans, aux adolescents (oui, oui) et aux adultes.

Il s’agit de dessiner quelque chose à partir d’un objet donné. En voici des exemples :

Des personnes                                                 Un mouton
La rosée                                                    Un orage
                                                                                   

 

Des mouches                                            Des fourmis

                            Un point par point                                Des pas sur la plage (l'eau était trop froide)


                                   
Un œuf sur le plat                 Un ballon                                      Tête d'un personnage

Le système solaire



Une sorcière sur son balai                                                                        Une plume d'oie pour écrire


Un chien                                    Les cheveux d'un garçon



Un volcan                                                 Une chevelure

        
Une île                                                                                    Un chantier


 

    Un savant fou                                              Un tracteur                        Un monstre


Deux nageurs dans des tubes

 

Une maison                                                Des feux d'artifice

                Une couronne de roi                                                      Un orgue

 Chaque enfant peut dire ce que représente son dessin ou même l'écrire avec son nom à l'arrière.

Il suffit de vous inspirer de ce jeu pour créer toutes sortes d’images à partir desquelles les petits et les grands vont en inventer d’autres.  Toutes les réponses sont bonnes. Il ne s’agit pas de celui qui dessine le mieux mais de constater la variété des dessins et leur originalité. On s’étonne des idées des uns et des autres.

Il suffit de photographier un objet puis de transférer la photo en plusieurs copies sur une feuille et imprimer le nombre de fois que vous voulez. Puis découper.

Vous pouvez le proposer aux enfants en mettant à leur disposition des feuilles prêtes, sur une table : une sorte d’invitation à agir.


Les enfants pourraient participer à la préparation du jeu : eux-mêmes chercher des objets à photographier, les photographier, par exemple et découper les feuilles après impression, à la grandeur voulue.


Amusez-vous bien!

Pour avoir le pdf: https://drive.google.com/file/d/19kxQn0UumGtbg0RkIRGagHleE9XgVg9w/view?usp=sharing



vendredi 7 janvier 2022

Petites explorations musicales (1)

Par Anne Gillain Mauffette


Photo tirée de:
 
https://raisingchildren.net.au/toddlers/videos/playing-with-sound




Voici des activités qu’on peut faire à la maison, en CPE, en classe  ou en ligne qui vont  travailler, entre autres, la discrimination auditive nécessaire à la conscience phonologique ainsi que la mémoire et l’attention,  tout en encourageant la créativité et la connaissance du monde sonore.





Par ces explorations, l’enfant va découvrir d’une part ses propres potentialités et d’autre part l’univers sonore. Il  va explorer, imiter, recréer.

Il crée à partir de sa voix et des percussions naturelles (pieds, mains), des bruits et objets sonores, des sons et des instruments de musique.


1.       Produire puis deviner le son

C’est en faisant des sons qu’on apprend à les percevoir, à les écouter et les reconnaître.

Proposer aux enfants de trouver un objet ou deux, dans leur environnement qui font un son ou un bruit.  Pour les aider dans leurs choix, indiquer que cela peut être des objets dans lesquels on souffle, qu’on gratte, qu’on pince,  qu’on frotte, qu’on frappe, qu’on tape ensemble, qu’on secoue, qu’on fait rouler, rebondir, etc.


Photo tirée de : https://raisingchildren.net.au/toddlers/videos/playing-with-sound











Enregistrer les productions sonores des enfants, puis dans un deuxième temps, les réécouter avec les enfants pour tenter d’identifier de quels sons ou bruits il s’agit (la feuille froissée par Sami, les cuillères frappées par Émilie…etc).

Avant de faire ce jeu, on pourrait,  toujours pour stimuler les réponses alternatives des enfants, leur demander quels bruits ils pourraient faire avec une feuille de papier. Des enfants de 4 et 5 ans ont trouvé ceci : le chiffonner, le déchirer (vite, lentement, par petits gestes saccadé), le découper, le secouer, taper  ou souffler sur le papier, parler en faisant vibrer le papier sur sa bouche, frotter deux parties d’une feuille ensemble.

Pour stimuler les idées des enfants, si besoin est, on pourra  tenter de faire varier les effets sonores  en suggérant  l’utilisation d’objets : ruban cache déroulé, papier déchiré, papier de bonbons, papier sablé gratté, carton ondulé,  bruit des ciseaux, peigne gratté, étui à lunettes qui claque, souliers tapés ensemble, souffler dans une bouteille, un capuchon de stylo, paille frottée dans le couvercle d’un verre en carton,  boîte de gomme à mâcher vide, râpe à légumes,  couvercle en métal et cuillère en bois,  clefs, etc..  On peut  montrer d’abord aux enfants quelques objets en faisant les bruits ou sons, puis on en refait un sans qu’ils ne voient l’objet, et ils vont essayer de deviner ce que c’était.


2.       S’amuser avec nos voix 

-        -  Jouer avec la lettre A. On la connait. Mais elle peut prendre différentes humeurs : proposer aux enfants de faire : le A qui soupire, le A surpris, le A fâché, le A déçu, le A qui a mal aux dents ou ailleurs, le A qui grossit, le A qui rit, etc.

-          - Tenir un son le plus longtemps possible : on prend une grande respiration et on dit OH….jusqu’à ce qu’on n’ait plus de souffle.

-       -   Le perroquet` : un fait un son et l’autre ou les autres  l’imitent

-  Proposer aux enfants de dire «Allo» ou «Bonjour» de manières différentes. Par exemple, l’adulte lance un Allooooo ou AAAAllo (exercez-vous d’abord) et chaque enfant répond un allo différent.

-          Ils pourraient aussi  dire ou  chanter  leurs noms de différentes façons.  Vous pouvez commencer, pour leur donner des idées, en disant bonjour ou votre nom : d’une voix, basse ou haut perchée, en trainant une syllabe (AAAAAnne) ou la répétant,  en montant ou descendant (comme un instrument à coulisse), fort ou faiblement ou de fort à faible ou l’inverse, vite ou lentement. Refaire le jeu plusieurs fois afin que les enfants varient leurs intonations et pour laisser aux plus timides le temps de s’exprimer.

-         -  Le chef d’orchestre : on part un son et les enfants le font plus ou moins fort selon les gestes posés par le chef d’orchestre (qui peut être l’adulte d’abord puis un enfant).

On peut reprendre ce jeu pour faire des sons continus AAAAA  ou discontinus A  A  A  A selon les gestes du meneur.

-         -  Comment peut-on changer sa voix pour qu’on ne nous reconnaisse pas? Les enfants essaient  différentes façon (se pincer le nez, en  faisant sa voix plus basse ou plus haute, en frappant sa gorge rapidement avec sa main, mettant sa main devant sa bouche, etc.).

-        -  Inventer un mot magique (autre qu’abracadabra).  Ceux qui le désirent font une suggestion de mot. Ou bien chaque enfant fournit une syllabe (maximum de 5 enfants). Puis on change de groupe.

-       -   Les klaxons: Chaque enfant fait un bruit de klaxon : seulement, chaque klaxon doit être différent. Puis on klaxonne tous en même temps : c’est l’embouteillage! Et la cacophonie et le rire assurés.

On peut aussi faire la moto, la sirène, etc.

-         -  Écouter les grenouilles de Steve Waring :  https://youtu.be/gds7hAmI-QQ

Ou avec des images :

Photo tirée de la vidéo : https://dai.ly/x64c8n 

-          - Imiter les chiens et (ou) les chats: Qui a un chien, un chat à la maison?  Comment s’exprime-t-il? Les volontaires imitent leur animal.

Les animaux font des bruits différents selon leur grosseur (du Terre Neuve au chiwawa) mais aussi la situation : chien qui  veut sortir, qui a mal, qui est content, qui a peur, qui est fâché, qui halète, qui ronfle,  etc. Chaque enfant essaie de faire un bruit différent des précédents.

Le chat qui ronronne, se fait marcher sur la queue, se bagarre, miaule pour avoir à manger ou des caresses.

- Faire le son le plus drôle, le plus effrayant, le plus triste, le plus doux, etc.

 

3.       Qu’est-ce qu’on entend?

Photo tirée de la vidéo : Playing with sounds : how it helps chld development: https://raisingchildren.net.au/toddlers/videos/playing-with-sound

On demande aux enfants de faire silence et d’écouter les bruits autour d’eux pendant quelques secondes, puis de nommer ce qu’ils ont entendu (l’horloge, le chat, un camion qui passait, etc.).


4.       Faire des percussions 

Faire des sons avec notre bouche, nos mains, sur notre corps et avec nos pieds (écoutez et choisissez  un extrait de Bobby Mc Ferrin à faire écouter aux enfants!)

-          Trouver des façons de faire du bruit avec notre bouche (claquement de langue), des onomatopées

-          Trouver des façons de faire du bruit avec nos mains sur notre corps (sur nos bras, cuisses, fesses, notre poitrine, notre visage). Le faire lentement ou vite (tempo).

-          Scander la mesure d’une musique ou d’une chanson (pulsation), en tapant des mains ou des pieds ou en alternance (les mains pour les couplets et les pieds pour le refrain par exemple)

-          Scander tous les mots de la même chanson ou d’une autre

-          Répéter des rythmes simples initiés par l’adulte (varier les sons longs et brefs, les accents). Note : les mots sont formés de syllabes courtes et longues.

-          Répéter un rythme initié par un enfant

 

5.       Jouer avec la hauteur du son ou l’intensité du son ou son tempo

 L’adulte fait un son (sur un glockenspiel , une flûte, par exemple) : si c’est un son haut, les enfants se lèvent; un son moyen, ils s’assoient; un son bas, ils s’accroupissent.

On peut faire le bruit de l’ascenseur qui monte et qui redescend, de la fusée…

On peut faire le fantôme (sons faibles puis plus forts puis qui disparaissent). Le vent de plus en plus fort puis qui arrête (silence).

Représenter en dessin, un son fort, un son faible, un son qui monte et qui descend.

Chanter une chanson où alterne la lenteur et la rapidité (exemple : Meunier tu dors)


6.       Fabrication d’un instrument de musique


Utiliser un instrument fabriqué pour accompagner chaque mot ou chaque syllabe de certaines phrases
d’une chanson (pot de yogourt , bouteille en plastique et grains de riz ou autres). 
Les enfants pourront décorer leur instrument comme ils le veulent.

 9.       Dissociation de l’aigu /grave et fort/ faible

Chanter une partie de  chanson avec une voix basse et faible et une autre avec une voix aigue et forte (car les enfants ont tendance à associer une voix grave à une voix forte).

 

7.       L’apprentissage d’une nouvelle chanson

 

8.       L’invention de mots différents sur une l'air d'une chanson connue

 

10.   Écouter une histoire musicale  (telle Pierre et le Loup) accompagnée ou non d’une vidéo.

 

11.   Écoute de plusieurs courtes musiques accompagnée de dessin.

On propose à l’enfant de dessiner tout en écoutant  par exemple  des extraits du Carnaval des animaux (coq et poules, aquarium, la volière), sans nommer les titres (on les révélera plus tard). Puis discuter : à quoi vous a fait penser cette musique? Et celle-là?

Ensuite,  partager des extraits de cette vidéo avec marionnettes et musique : https://youtu.be/Ic453kIwfU0




Il y a aussi cette version faite à partir de dessins et de masques faits par des enfants: https://youtu.be/HDwehJzaahs 

Ces petits moments musicaux peuvent se glisser n’importe quand dans la journée. Ils apportent de la variété et la joie.

 Ils vont permettre entre autres à l’enfant :

-           de prendre confiance dans sa capacité d’expression sonore  

-          de faire des choix

-          de découvrir sa voix (parlée et chantée) et ses possibilités

-          de consolider la musculation de sa bouche pour mieux chanter

-          de distinguer les caractéristiques du son (timbre, hauteur, intensité, durée)

-          de faire des comparaisons, de classer, ordonner

-          d’organiser ses perceptions

-          de représenter le son symboliquement

-          d’améliorer sa conception du temps (avant /après, ordre des sons, durée, rythme, séquence)

-          de développer l’imagination musicale nécessaire pour composer et improviser

-          de développer son langage oral

-          de rire…

 Pour copier le texte en format PDF:  https://drive.google.com/file/d/1EMRGk4ejFc_fi7u6rmfqzLqNGmJro7se/view?usp=sharing



lundi 13 décembre 2021

Savoir raconter des histoires: une habileté à développer au préscolaire: deuxième partie


Comment aider les enfants à améliorer leurs capacités orales narratives?



Voir la première partie: https://jeulibrequebec.blogspot.com/2021/12/savoir-raconter-des-histoires-une_13.html

Par Anne Mauffette 

Tout un travail préalable est nécessaire pour développer le langage oral chez les enfants:


- des conversations signifiantes avec l’adulte,

- des occasions d’échanges entre enfants dans leurs jeux, lors de moments de rencontres, des collations bien sûr 

prendre le temps (ce n’est pas toujours évident) d’écouter ce que les enfants ont envie de nous raconter.

 - et surtout lire beaucoup d’histoires et les relire ou les redire et les présenter de différentes façons :

· leur lire un livre en montrant les images,

· leur lire un livre sans montrer les images mais avec des marionnettes

· leur lire un livre sans montrer les images (les enfants vont devoir faire des images mentales)

· raconter une histoire connue d’eux, mais sans le livre,

· raconter des histoires nouvelles : sur de vos propres expériences (ils vont les redemander : «raconte là fois où tu t’es perdue») ou des contes ou histoires que vous connaissez ou en inventer de votre cru. Cela leur donne une idée de comment on raconte une histoire.

· leur lire différentes versions d’un même conte et les comparer.

· leur lire des variations sur le conte ou les titres et histoires sont changées (Le chapeau rond rouge de Geoffroy de Pennart, Les trois méchants cochons, Un cochon chez les loups) et des histoires où des personnages de différents contes se  croisent (C’est moi le plus fort). Les livres de Mario Ramos sont fertiles en inventions à partir de contes traditionnels (Mon ballon, Le plus malin).

Photos Anne Mauffette
 

· leur montrer seulement la séquence des images et leur proposer de raconter l’histoire (cela les aidera à établir une chronologie dans leur récit)

· raconter une histoire en faisant participer les enfants au bruitage (le vent la pluie, le galop du cheval)  ou les encourager à énoncer des phrases qui se répètent au bon moment (en faisant une pause) comme dans l’histoire du Petit Bonhomme de Pain d’Épices : « Courez, courez aussi vite que vous le pouvez, vous ne m’attraperez pas»

· choisir des histoires de plusieurs cultures et parfois en deux langues 

mettre en lumière les moments clés du récit 

- les aider à faire des hypothèses grâce au contexte de certains mots nouveaux 

discuter avec les enfants des intentions, des objectifs des personnages 

aider les enfants dans l’émergence des explications causales en posant certaines questions ouvertes dans ce sens, à différents moment clés de l’histoire, pendant que vous lisez l’histoire.

 Makdissi et Boisclair (2004) nous en suggèrent quelques unes qui peuvent convenir pour certains récits:

 Au début de l'histoire, lors du problème initial: «Comment se sent tel personnage? Pourquoi? Qu’est-ce qu’il veut? Qu’est-ce qu’il va faire?»

Lors des différentes tentatives d’actions : «Pourquoi fait-il cela? Qu’est-ce qu’il veut? Est-ce qu’il a trouvé ce qu’il cherchait? « Alors qu’est-ce qu’il va faire?»

«Pourquoi tel événement survient-il? Qu’arrivera-t-il ensuite? Comment cela se fera-t-il? Qu’est-ce que tu en penses?»

Lors de la solution : « Comment tel personnage se sent-il? Pourquoi?» «A-t-il eu ce qu’il cherchait? C’était quoi? Comment il a fait?»

Certaines de ces questions peuvent aussi être posées à la fin d’une histoire. 

-leur  laisser du temps pour relire les livres qu’on leur à lus 

- les amener à anticiper ce qui pourrait arriver 

fournir un matériel varié qui permette la créativité des enfants

Photo tirée de la vidéo Story Workshop Loose parts https://vimeo.com/649347912/c7bafd1471<BR><BR>

installer un coin d’écoute de livres mais aussi d’histoires racontées  ou inventées par les enfants
 

 - essayer de transcrire ou d’enregistrer les histoires des enfants ce qui vous permettra et eux aussi de constater leurs progrès le long de l’année.

 

AUTRES  ACTIVITÉS À PROPOSER :

Autour des livres déjà lus

Demander à un volontaire de raconter le livre déjà lu à l’aide des images avec un camarade ou deux qui utilisent des marottes ou marionnettes aux doigts ou à main. Dans ce cas les enfants devront se coordonner pour faire correspondre les gestes au texte.

On peut aussi organiser, au début surtout, des activités spécifiques pour amener les enfants à intérioriser une histoire. Voici deux exemples :

Nous avons écouté l’histoire de Pierre et le loup.


 J’avais apporté en classe quelques instruments pour que les enfants puissent faire le lien entre les sons et les instruments

Après l’écoute nous avons joué tous en même temps, tous les personnages, accompagnés par l’enregistrement de l’histoire (les enfants marchaient ou sautillaient dans le bois quand Pierre partait dans la forêt, virevoltait comme l’oiseau etc.). Le lendemain j’ai apporté quelques accessoires; une casquette avec un bord jaune pour le canard, un boa pour le chat, etc. Juste assez pour évoquer le rôle. J’ai proposé à ceux qui le voulaient de nous rejouer l’histoire accompagnés toujours de la trame sonore. Les déguisements ont ensuite été laissés dans le coin de jeu symbolique.

J’ai ensuite apporté des marionnettes (nous avions déjà un loup, un petit garçon, un chat, un monsieur) : ne manquait que l’oiseau et le chasseur. J’ai proposé aux enfants d’utiliser les marionnettes pour nous raconter eux-mêmes, sans appui sonore, l’histoire de Pierre et le loup. Un enfant faisait le narrateur et les autres les personnages. Pendant qu’ils se préparaient, je les entendais discuter de qui ferait quoi, de ce qu’ils diraient etc. Lors de leur présentation, on pouvait remarquer ce qu’ils avaient retenu de l’histoire, le langage utilisé etc. Là encore les marionnettes ont enrichi notre coin et les plus timides ont repris l’histoire pour eux-mêmes. Le chasseur a d’ailleurs resservi à toutes les sauces.

Photo © Anne Mauffette

Une collègue elle, étant donné l’intérêt de certains enfants après avoir entendu l’histoire de Casse Noisette, a étudié l’histoire avec les enfants de sa classe de maternelle et les enfants ont fabriqué leurs propres marionnettes à gaine puis ont présenté un spectacle.

Photos © La Petite école_CBS.


Elle résume ainsi leur expérience : «J’avais  élaboré AVEC les enfants des procéduriers afin d'illustrer le "comment faire" les marionnettes. Certains enfants se sont fait de petits "livres" où ils ont reproduit à leur manière, les différentes procédures. C'est pour se souvenir qu'ils me disaient ! 



Le projet a duré plus d'un mois. Le déclencheur a été la lecture de l'histoire de Casse-Noisette. L'écoute de la musique a donné lieu à un questionnement sur le ballet.  Les marionnettes sont arrivées en cours de route et se sont imposées à nous à la suite d'une question d'un enfant: " On peux-tu en faire un casse-noisette ?" 

S'en est suivi une recherche sur les sortes de marionnettes: à fil, à doigts, à gaine. à tige, etc. Tous en ont rapporté de la maison. On les a classées, analysées, on en a discuté et finalement on a décidé que ce serait des marionnettes à gaine que l'on ferait.

Relire l'histoire, re relire l'histoire pour mieux connaître les personnages et bien choisir celui que l'on veut fabriquer.  Résoudre des problèmes, 3 filles voulaient faire Clara. Deux garçons voulaient faire le prince, Combien de personnages dans le livre versus combien d'amis dans la classe ?, etc. Trop ou pas assez d'amis?

Je prenais au moins 15 minutes avant le spectacle avec les parents afin de leur faire part du processus de réalisation des enfants en identifiant les apprentissages possibles  réalisés par les enfants. La planification, la recherche des tissus, se tenir à 20 derrière un castelet sans se faire voir et en silence... De plus, à la suite du projet, chacun devait répondre à la question: Qu'est-ce que je connais maintenant que j'ai fait ce projet et que je ne connaissais pas avant?»

 Nous avons, dans un CPE, fait des personnages du Petit Bonhomme de Pain d’Épices en papier mâché avec les enfants : chaque petit groupe faisant un personnage. Les décors ont été faits en collaboration avec des parents pour présenter l’histoire du Petit Bonhomme de Pain d’Épices.

Dans un autre, ce sont les éducatrices qui se sont déguisées, faits des décors et ont présenté l’histoire des trois Petits Cochons et à un autre moment : Hansel et Gretel

Photo©Anne Mauffette


L’invention d’histoires

L’invention d’histoire demande des stratégies organisationnelles : il va falloir qu’il y ait une situation initiale, une complication ou des événements (le milieu) menant à une fin.

On peut, au début, proposer aux enfants une phrase de départ à compléter comme ils l’entendent: « Si j’étais un animal…», leur demander d’y penser et que vous allez venir lui demander la suite. Acceptez les changements à votre phrase si l’enfant le désire. Cela donne parfois des choses étonnantes et émouvantes. Une petite fille de cinq ans m’a dit : Est-ce que je peux dire « si j’étais un ange à la place» puis elle a raconté : « J’irais voir ma grand-mère qui habite très loin».

En petits groupes, on peut mettre des objets (animaux personnages, insectes etc.) dans un sac, les enfants pigent et vont inventer une courte histoire avec ces objets.

On peut raconter une histoire, mais laisser aux enfants le soin d’inventer la fin (en dyades ou en petits groupes) ou à la cantonade : on aura plusieurs fins.

On peut inviter un conteur

On peut inventer des histoires collectives : un enfant (ou l’adulte) lance une première phrase, un autre enfant ajoute une autre pour continuer l’histoire, etc. L’adulte aide les enfants en les guidant : qu’est-ce qui pourrait se passer après? Comment cela va-t-il finir? Il  faut alors aussi accepter et rire ensemble des contributions farfelues.

Début d’un conte collectif.     Photo© Danielle Jasmin

L’invention de l’histoire que vous enregistrerez puis transcrirez pourra ensuite être illustrée par les enfants qui le veulent.

On peut aussi écrire avec les enfants une liste de noms  d’animaux ou personnages sur un carton et sur une autre liste d’objets sur un autre ou derrière. Les enfants choisiront un nom et un objet et fabriqueront une histoire avec ces deux éléments. On pourrait aussi faire une pige dans deux sacs. L’adulte ira voir chaque enfant pour enregistrer son histoire. Celles-ci pourront ensuite être partagées.

On doit évidemment respecter le rythme de chaque enfant. Certains ne raconteront jamais dans le groupe, cela ne veut pas dire qu’ils n’apprennent pas. Pour le plus timides, c’est à travers leurs jeux que vous pourrez capter et noter leurs histoires. En retranscrivant leurs dires, vous donnez de l’importance à leurs énoncés. Vous pouvez leur redire leur histoire et leur demander si c’est bien cela. Peut-être ajouteront-ils des détails ou autre chose. Et si vous avez leur permission, vous pourrez à l’occasion, les redire  aux autres enfants. Ils en sont habituellement très fiers.

Vous pouvez aussi travailler seule avec eux les étayant au besoin: qu’est-ce qu’il fait ton personnage, où va-t-il, qu’est-ce qu’il lui arrive?

Certains enfants vont peut-être préférer dessiner d’abord une histoire, en une grande case ou plusieurs (comme dans une BD) et ensuite nous raconter leur histoire.

D’autres enfants vont préférer s’enregistrer, seuls, dans un coin clame (utiliser de petits micros ou enregistreuses) puis les partager avec vous ou les autres enfants.

Raconter une histoire personnelle, c’est donner du sens à son expérience.  Dans le cas d’une histoire précédemment lue, c’est  démontrer qu’on en comprend le sens. Et dans le cas d’une histoire inventée, il y a la créativité dans le propos mais aussi la logique du récit.

 

ÉVALUER LES RÉCITS

Les capacités à raconter évoluent avec l’âge et l’expérience des enfants. Il y a véritablement une courbe développementale mais on constate aussi de grandes différences entre enfants du même âge pour une foule de raisons.

Examiner comment un enfant comprend un récit fictif nous renseigne sur sa capacité de traiter l’information. L’écouter raconter nous donne des indices sur :

·  son vocabulaire, sa syntaxe

·  la présence ou l’absence d’un ou de certains épisodes ou actions importantes,

·  la cohérence de son récit (chronologie, logique)

·  la présence ou non de petits mots connecteurs : d’énumérations (et) de temporalité (puis, après, et après, alors, hier…) de causalité entre les éléments et de conséquence (parce que), de finalité (pour, pour que)

·  la présence ou non d’indicateurs de complexité : introduction de subordonnées relatives (qui, que), temporelles (pendant que, quand). À partir de 5 ans seulement et pas chez la plupart des enfants.

On peut aussi observer si les émotions des personnages sont présentées.

Pour plus de détails, voir le tableau ci-dessus.

 CONCLUSION

Les traces (enregistrement, textes transcris, dessins etc.) que vous aurez gardées vont vous permettre de voir les progrès des enfants, et de les célébrer avec les enfants eux-mêmes et avec les parents

«L’éducation préscolaire est une période d’apprentissage stratégique pour la maîtrise du langage oral»(6). Savoir raconter des histoires fait partie des habiletés à acquérir. C'est à la fois nécessaire pour communiquer avec les autre et cela  prépare la voie à la lecture et la narration écrite. Le développement du récit au préscolaire est lié à la compréhension future en lecture.  L'émergence de la littératie passe par l'émergence de la compréhension des récits.» (5) Étant donné sa valeur pédagogique inestimable,  il faut donc lui consacrer du temps.


INSPIRATIONS 

1. Raconte-moi une histoire : les habiletés narratives des enfants qui tardent à parler. Publié le 16 septembre 2015 sur le site du RIRE (Réseau d’information pour la réussit éducative).

       2. Guillain André (1992) : La narration graphique chez l’enfant https://doi.org/10.4000/trema.2407

       3. Gianni Rodari ( 1996) : The grammar of fantasy : The art of inventing stories, Teachers and Writers Collaboration

       4. Makdissi, H. ; Boisclair, A. (2004). L'art de raconter chez l'enfant d'âge préscolaire : Une grille du développement du récit. Document III : Rapport de recherche soumis au Programme de partenariats en développement social. Canada : Développement des ressources humaines.

       5. Makdissi, H.; Boisclair A. et Renaud, J.S. (2004)  Le développement de la compréhension du récit au cours de la petite enfance. https://www.researchgate.net/publication/312531233

        6Roubaud, M.N. et Romain, C. (2016). L’organisation du récit oral chez l’enfant de 3 à 6 ans : une étude comparative. Université d’Aix Marseille.  Web conférence  Congrès mondial de la linguistique  française.

Pour voir l'article au complet: https://jeulibrequebec.blogspot.com/2021/12/savoir-raconter-des-histoires-une.html

Pour imprimer le texte en format PDF: https://drive.google.com/file/d/1kIngvc7x1RBA0BDujhV8oGd-qhAgrSjp/view?usp=sharing



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