lundi 28 septembre 2020

Un premier projet avec les lignes

Jouer avec les lignes
par Anne Mauffette

Des enfants de trois ans dans le groupe de Leslie Gleim jouent avec les lignes(2011).


Tout a commencé par une exposition de Chihuly observent et jouent avec les lignes
Red Reeds, œuvre de Dale Chihuly au Virginia Museum of Fine Arts


Les enseignantes ont proposé aux enfants intéressés des pailles et comme support des cartons noirs (mais cela pourrait être de couleurs). On pourrait par exemple, utiliser des tiges d’hémérocalles séchées.

Puis, elles ont questionné les enfants : «Comment peut-on les arranger et dessiner ce qu’on voit?» Les arrangements de lignes ont engendré toutes sortes d’idées : un a dit que cela faisait comme un F, mais que cela pouvait être changé en un A, un autre que cela ressemblait à une corde, mais que si on la retournait cela faisait un I.

Ils se sont mis à remarquer des lignes partout : « Les serpents sont des lignes qui gigotent, vos sourcils, votre collier, une partie de votre caméra est une ligne, votre jambe est une grosse ligne, même la partie de la porte est une ligne. »


Dans leurs promenades aussi, les enfants observaient davantage les lignes. Ils ont fait des dessins d’observation d’arbres qui ont été ensuite projetés aux murs leur redonnant leurs grandes dimensions.

Les enseignantes ont ensuite proposé des bouteilles de peinture à tampons. Cela a incité les enfants à faire des lignes. Il y avait plus d’énergie dans le mouvement. Les enfants, interrogés, parlaient de lignes qui sautaient, qui tourbillonnaient, d’un escalier, d’algues, de montagnes. Leur alphabet de lignes se développait. On pouvait distinguer deux catégories : les lignes qui bougent et les lignes représentant des objets.

Tout cela les a amenés à une collaboration avec un danseur. Danser en zigzag, en spirale, en ligne droite, faire des lignes avec les bras. Les enfants observant des photos d’eux-mêmes, prises en dansant, ont remarqué les lignes faites avec leurs corps et les ont dessinées. Ils ont tenté de reproduire les angles de leurs mouvements.  


Suite : Un deuxième projet : Les Spirales

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Faire des lignes en dansant

Jouer avec les lignes
par Anne Mauffette



Avec des rubans rythmiques, l’enfant s’exerce non seulement à élaborer des tracés, mais il assouplit et renforce l’articulation du poignet. Il découvre aussi sa latéralité. De quel côté se sent-il plus à l’aise? Là encore les enfants peuvent prendre des photos ou vidéos puis s’inspirer du mouvement produit.

En psychomotricité, on part du plus grand (de grands gestes), pour aller vers le plus petit. Avec de la musique, on crée de grands gestes, on met tout le corps en mouvement. C’est à la fois le plaisir de bouger et d’inscrire, de laisser sa trace. C’est aussi apprendre à dissocier les parties de son corps et acquérir de la souplesse. Faire des tracés sur un carton porté par son collègue, des lignes qui ondulent sur une immense feuille ou sur un tableau ou un miroir, qu’on trace l’un après l’autre, etc.


On peut voir des exemples de ce genre de travail alliant la danse et le graphisme dans les magnifiques vidéos du laboratorio di danza-disegno pour enfants de Segno Mossi.


Tous ces gestes vont faciliter l’apprentissage futur de l’écriture.

Observons combien et comment se développent les habiletés physiques, la créativité, le jeu, l’expression et le sens esthétique et artistique des enfants ainsi que leurs réflexions et connaissances et leurs capacités de collaborations à travers ces jeux spontanés ou provoqués par le matériel présent et nos encouragements.




Suite : Un premier projet avec les lignes

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Des lignes avec des objets

Jouer avec les lignes
par Anne Mauffette



La définition de la ligne : c’est une série de points…très rapprochés. On va donc offrir aux enfants des éléments qu’ils vont vouloir aligner pour fabriquer des lignes (coquillages, glands, pierres, cailloux, des perles de verre ou autres petites pièces mobiles). Ils les aligneront pour en faire des chemins et des motifs. On peut même utiliser les couvercles de différents contenants de différentes grandeurs et couleurs ou des pailles qui deviendront des routes, des maisons, etc.


Des graines de tournesol
Les enfants peuvent imaginer des motifs à deux. Souvent, un accord tacite s’installe entre les enfants, un continuant le travail commencé par l’autre. Ou alors les décisions font l’objet de discussions.


Des cailloux
Un tableau collectif peut être entrepris, les enfants travaillant par paires en succession, ajoutant à la création les uns des autres. Cela devient une occasion de collaboration et d’inspiration de motifs, les uns pour les autres.

En plus d’être une expérience tactile et une activité de motricité fine du contrôle du geste, cela devient un exercice d’adaptation à l’espace, de mesure (l’espace régulier à conserver entre les pièces), de séquences, de résolution de problèmes aussi. Sans oublier une occasion d’autorégulation. Les enfants vont souvent soit regrouper par couleurs et formes, faire des symétries, des correspondances, des séquences.


Des graines de tournesol
Ils vont faire des remarques: « c’est vraiment long». Ils vont aussi nommer leurs réalisations : «ça à l’air d’une maison, d’une vague» etc. D’eux-mêmes ils vont nommer des lettres : ça ressemble à un S. Ils vont compter les objets.

Les enfants peuvent aussi faire des lignes avec de la lumière (lampes de poche, bâtons phosphorescents, etc.), et prendre des photos de leurs camarades en action puis reproduire les traces laissées par la lumière.







Suite : Faire des lignes en dansant

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Les lignes et des outils graphiques

Jouer avec les lignes
par Anne Mauffette


Des bâtonnets et des teintures alimentaires font des tracés fins et de douces couleurs.


Si on varie le matériel : crayons, crayons de cire (à forte teneur en couleur), crayons gels, pastels, stylos à pointe fine, feutres fins et larges, fusain, craies, encres, peintures avec pinceaux, rouleaux, etc., les lignes vont avoir plus ou moins d’épaisseur et d’intensité. Elles vont se rapprocher ou s’éloigner, se croiser, se confondre.


À gauche: G. « J’ai fait une grille » (crayons de cire ordinaire)
À droite : Composition C; Blue yellow/1936 - Piet Mondrian (huile sur toile)



Au crayon feutre, l’enfant a pris systématiquement une couleur à la fois pour créer une série de lignes composées de ronds .



Aux crayons gels : « J’ai fait un paysage avec un arc-en-ciel et un soleil. »



Dessin de Sarah.
Les crayons de type « Creamy crayons » s’écrasent facilement sur la feuille laissant de belles traces larges et colorées. Les crayons de cire ronds ou carrés de style Stockman permettent des aplats intéressants. Les crayons pastels-gels ont des couleurs intenses, glissantes et aquarellisables.



Nathan (à gauche)
À droite : Number 20, 1950, Jackson Pollock, huile sur masonite

Les bouteilles-tampons de gouache encouragent les grands gestes, laissent des traces fortes.


Sophie
Les craies carrées à tableau, de type Herlitz (disponibles chez Mercurius.ca), sont particulièrement agréables à manipuler, car elles sont tendres et ont des couleurs variées et denses qui épousent celles des crayons Stockmar. On peut s’en servir en aplat ou pour faire des lignes fines ou épaisses.


Sophie
On peut aussi utiliser du sable noir sur une table lumineuse (ici la boîte de Plexiglas est posée sur des acétates de couleurs) qui incite à faire des tracés.


On ajoutera de l'intérêt en variant les matériaux, afin d’inciter les enfants à l’action.
  • On proposera des couleurs contrastantes (noir et blanc),
  • on offrira une ou deux couleurs dans plusieurs tons,
  • on combinera des matériaux différents (crayon et feutres acryliques par exemple).
  • ou on fera simplement des traces, avec des bâtons dans le sable mouillé, dehors ou à l'intérieur.
Des invitations irrésistibles!


G. a choisi du Noir et jaune. « J’ai fait des étoiles, puis je les ai cachées : c’est la nuit.


Nathan(à gauche) et Sophie (à droite)

En faisant des lignes avec des rubans gommés de couleur, cela forme des quadrillés qui définissent des cases qu’on peut ensuite remplir avec des couleurs (aquarelle, gouache ou crayons de couleurs).
Des oeuvres de Mondrian, de Molinari et de Barbeau sont des exemples de l'effet créé.


À gauche : Sophie. À droite : Le regard en fugue, 1990, Marcel Barbeau (sérigraphie)


Du ruban peintre utilisé avec des marqueurs-pinceaux à l'encre d'effet aquarelle


Zoé

On peut aussi faire des lignes en étirant de la pâte à modeler ou de la glaise (longs colombins), en aplat directement sur les tables : les enfants feront des chemins qui parfois s’entortillent. On peut aussi faire des lignes dans la glaise ou dans de la pâte à modeler aplaties avec des bâtonnets.

On pourrait également proposer des cordes ou de la laine à poser sur une surface adhésive.
Si on varie les formats, en introduisant de grandes feuilles jusqu’à des toutes petites surfaces, ou de longues bandelettes, des formes différentes, etc., on invite les enfants à varier leurs gestes, à les amplifier ou les préciser. Les enfants pourront aussi choisir à la fois le support et le médium qui leur convient.

Lorsqu’on projette les œuvres des enfants sur le mur, un tableau blanc, ou une toile de théâtre d’ombres, cela leur donne une autre dimension : l’arbre devient forêt.


Suite : Des lignes avec des objets

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Les lignes évoluent

Jouer avec les lignes
par Anne Mauffette

« Maman, bébé (à gauche), « Un pays où il pleut des couleurs » (à droite) .

Voilà un enfant de 18 mois, qui, alors que nous parlions d’autres choses a dessiné une spirale et dit « Maman », puis ajoutant des petits traits à l’intérieur a dit : « Bébé». Avec les quelques gestes graphiques dont il était capable et ces quelques mots, il avait réussi à communiquer sa préoccupation du moment : sa mère était enceinte. Il faut observer et écouter les enfants qui dessinent.

J’ai vu des milieux où le dessin était occupationnel : on ne conservait pas les dessins d’enfants pour constater les progrès. Comme les enfants en font beaucoup, à la fin de la journée, ceux-ci passaient à la poubelle ou étaient envoyés à la maison sans garder de traces où ils prenaient d’ailleurs parfois le même chemin ou dans le meilleur des cas se retrouvaient temporairement sur le réfrigérateur. Il est pourtant facile de noter avec un tampon la date (les enfants adorent le faire) et de conserver des exemplaires ou des photos dans un portfolio au nom de l’enfant comme le font les artistes.


Un crabe sur un rocher


Les enfants donnent parfois un sens à leur dessin après l’avoir exécuté, car ils constatent que cela ressemble à… ou parfois ils annoncent qu’ils vont faire un…


Puis, les lignes se font plus précises deviennent des soleils, des feux, des personnages

Les lignes se ferment pour faire des cercles, des rectangles, des triangles et donnent forme et sens à des représentations du monde de l’enfant. Cela demande une coordination œil-main difficile.


À gauche : premiers essais. À droite : premier camion réussi


Un chien


La spirale devient carrosse...ou animal


... un chemin, une maison,ou encore un édifice


Les lignes deviennent symbole : c’est la mer, des oiseaux, un pont.



Les lignes deviennent progressivement écriture

« Qu’est-ce que j’ai écrit? », demande Guillaume dont la sœur est en deuxième année et écrit en cursive. Je lui explique que je reconnais certaines lettres : des n, e, m, v, u, etc., mais qu’il faut que les lettres soient dans un certain ordre pour faire des mots.



Suite : Les lignes et des outils graphiques

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Jouer avec les lignes

par Anne Mauffette


Sommaire
  • Conclusion


    • Pourquoi jouer avec les lignes

      Guillaume (à gauche), Roland Pichet (à droite)


      Ce texte propose des explorations avec différents médiums, supports et outils, afin de permettre aux enfants de s’exprimer, tout en maîtrisant de mieux en mieux le contrôle de leurs gestes graphiques. Comment? En jouant avec les lignes ce qu’ils font naturellement.


      Sarah (à gauche),
      Acrylique sur toile réalisée par Guido Molinari, en 1966 (à droite)


      Des lignes droites horizontales ou verticales, qui se croisent à angle droit ou autrement, des lignes parallèles, brisées, ondulées, en pointillés, en boucles, des spirales : artistes et enfants jouent et s’expriment avec les lignes.


      Un nid par un enfant (pastel) (à gauche), Un nid par Miguel Berlanga (à droite)

      Les lignes sont un des éléments visuels de base du dessin, les précurseurs de l’écriture et des mathématiques (formes, mesures). Que savent les enfants sur les lignes? Une ligne c’est quoi? «C’est un truc droit», dit un enfant. Quelle longueur cela peut-il avoir? À quoi cela peut-il servir? Quelles formes peut-on créer avec des lignes?

      En nommant leurs gestes, on leur donne un vocabulaire mathématique et artistique. Il suffit de nommer un tracé (« Tu as fait une spirale! ») pour que les enfants en fassent d’autres et c’est souvent contagieux.

      Le choix du matériel va aussi influencer leur élan à en créer et la forme qu’elles vont prendre. On va vouloir aussi varier les types de support : du carton ondulé par exemple, va inciter à faire des lignes parallèles verticales ou horizontales (« des lignes qui dorment », dira une petite), dépendant dans quel sens il est placé. Du papier bulle et de la peinture vont amener des pointillés en lignes droites verticales ou horizontales. Des papiers ou des cartons lisses ou texturés vont influencer le dessin et sa perception.


      Suite : Les lignes évoluent

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    samedi 26 septembre 2020

    Pourquoi les enfants seraient-ils considérés comme en retard?

    par Anne Gillain Mauffette

    La vie n'est pas une course même si parfois elle en a l'air.

    On parle beaucoup des retards que les enfants auraient accumulés pendant la fermeture des écoles. Mais en retard sur quoi? Par rapport à quelle norme établie arbitrairement par notre société. Par rapport « au programme»? Comme si l’apprentissage était comme un saucisson qu’on découpe en tranches et dont on doit ingérer et digérer un nombre précis de rondelles dans un temps prescrit.

    C’est en même temps prétentieux : car les enfants apprennent tout le temps et partout, pas juste à l’école. On peut supposer qu’ils ont appris toutes sortes de choses pendant cette pause : sans doute pas toutes celles qui sont valorisées par le système scolaire. Mais l’apprentissage est bien plus large que des notions académiques. Peut-être ont-ils consolidé leurs liens avec leurs parents ou leur fratrie, joué dehors, fait de la bicyclette, bricolé, cuisiné, ont parlé, se sont fait lire des histoires, etc.

    L’occasion est belle de se lancer dans des tests de dépistages et des mesures de prévention universelles et ciblées et d’augmenter les activités académiques visant l’acquisition rapide de la lecture-écriture. Pourtant, les enfants à qui on enseigne de façon formelle à lire plus tôt n’ont pas plus de succès académiques que d’autres ayant appris plus tard.

      En effet plusieurs auteurs ont démontré que les progrès (minimes) des enfants dont les enseignantes appliquaient des méthodes didactiques ne duraient pas (Krashen 2004, Suggate, 2011, dans House 2017) et qu’un enseignement de style trop académique avait de nombreux effets pervers chez des enfants de cet âge (surtout des garçons): stress, anxiété de performance, passivité, absentéisme, etc. (Marcon ,2002; Schwienhart, Hirsh Pasek, 2008). N’en rajoutons pas! 

    Les enfants qui apprennent à lire de façon formelle, en première année, à 6-7 ans le font plus facilement, ont un petit avantage au niveau de la compréhension et surtout n’ont pas été privés des activités dont le jeu leur permettant d’acquérir les fondements nécessaires à leur développement sur tous les plans.

    Les notions de prévention précoce, de mesures de protection, de dépistage, louables en soi et les bonnes intentions par rapport au succès de tous, ont donné naissance, en maternelle, à des méthodes d’apprentissage systématique formel en grand groupe de la lecture et à une pléthore d’outils de dépistage de la maîtrise des contenus de celles-ci.
    On mesure mal les impacts négatifs de ces tests et leurs résultats : ils changent le regard de l’enfant sur lui-même et celui des adultes qui l’accompagnent. Cela entame la confiance en leur avenir et réduit les attentes de tous.

    La plupart des enfants de 4-5-6 ans ne sont pas en retard…ils sont en développement et si on leur donne du temps et des contextes favorables, ils vont vous surprendre par leur évolution. Et si on les prenait là où ils en sont, comme ils sont. Si on les écoutait, les observait, on serait sans doute surpris de tout ce qu’ils savent et savent faire. On pourrait ensuite s’efforcer d’enrichir leurs expériences. Avant de penser à des séances de « rattrapages», pensons d’abord aux besoins réels des enfants.
    Les enfants ont besoin d’être accueillis, d’être vus, reconnu, de nouer ou renouer des amitiés. Ils ont besoin de sortir dehors, de faire des activités physiques et artistiques pour réduire leur stress. Ils ont surtout besoin d’établir un lien solide avec nous, de se sentir en sécurité. Car s’ils sont stressés, ils ne seront pas dans de bonnes conditions pour apprendre.

    Les enfants de 4 ans, tous capables ou tous à risques? Pourquoi automatiquement supposer des enfants « inadéquats » avant même qu’ils n’aient été immergés dans des environnements stimulants, accompagnés par des éducatrices ou enseignantes bien informées qui leur permettraient de construire et démontrer leurs compétences et connaissances grandissantes? Si les enfants sont placés dans des conditions respectant et stimulant leur développement (climat chaleureux, jeu, exposition aux livres, conversations, sorties, etc.), leurs trajectoires peuvent se modifier considérablement.
    Et pourtant nous nous apprêtons, à traquer leurs failles («détecter» dit-on au Ministère) dès leur entrée en CPE ou à l’école, par des tests fréquents, aux indices étroits, au lieu de remarquer quotidiennement leurs capacités naissantes et s’en émerveiller. Et qu’est-ce qu’on va chercher à vérifier? Que l’enfant a acquis les connaissances en lecture prescrites par des méthodes qui souvent dépassent les attentes des programmes préscolaires actuels ou ses capacités biologiques? Ou bien qu’il bouge trop? Qu’il est trop impulsif, qu’il ne contrôle pas ses émotions? Qu’il résiste à se conformer? Ce ne sont, le plus souvent, que des caractéristiques de l’enfance! Pas toujours des signes d’hyperactivité ou de troubles de comportements.

    Plusieurs interventions sont basées sur une vision «déficitaire» de l’enfant, soulignant à gros traits « ce qui lui manque» plutôt que de partir de ses compétences. Cette vision déterministe, pessimiste des enfants ne tient pas compte de leur capacité extraordinaire de progresser. Basée sur ce qui manque, elle est contraire aux principes d’inclusion et de respect des différences, concepts fondamentaux dans une école démocratique. Axée sur le déficit, elle entraîne des attitudes et modalités très différentes par rapport au rôle de l’enseignante et aux pratiques à privilégier. Un « test» est très différent d’une observation bienveillante, attentive et continue des progrès d’un enfant et d’une intervention différenciée en fonction de celle-ci.

    Et si nous adoptions le postulat qu’ils sont tous compétents à leur manière et que les éducatrices et enseignantes sauront utiliser leur autonomie professionnelle pour choisir les façons adéquates de soutenir l’évolution de chacun. Que celles-ci sauront juger rapidement (elles l’ont toujours fait, ce sont les ressources qui manquaient à l’appel) si un enfant a besoin d’évaluations plus poussées et de soutien additionnels. Oui, les éducatrices et enseignantes ont besoin de diriger certains enfants vers du personnel spécialisé, mais pas tous! Il est inutile, par exemple, d’ouvrir un dossier en orthophonie pour tous les enfants de 4 ans! En ce début d’année, quelle présomption adopterons-nous? Quel message enverrons-nous aux enfants ?
     
     

    Le Ministère de l'Éducation abandonne l'éducation préscolaire à son sort

      Bientôt, il n'y aura plus de personne spécialiste du préscolaire au Ministère: Christiane Bourdages Simpson prend sa retraite et le co...