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lundi 25 avril 2022

Un curriculum émergent, cela a l’air de quoi? Un exemple

 


Par Anne Mauffette

C’est quoi un curriculum émergent? Grosso modo : C’est un curriculum qui s’adapte aux enfants et non l’inverse.

Voir l’article précédent : Qu’est-ce qu’un curriculum émergent https://jeulibrequebec.blogspot.com/2022/04/quest-ce-quun-curriculum-emergent.html

En voici un exemple. Naissance d’un projet sur les araignées

Photo ©Catherine Bocher
 

L’enseignante avait planifié le sujet d’une causerie.

 Mais des enfants ont trouvé une toile d’araignée dans la cour. Ils sont très excités et observent l’araignée tout en commentant haut et fort leurs impressions, ce qui attire les autres enfants. Certains ont peur («il faut la tuer, c’est dangereux») d’autres s’opposent. L’éducatrice/enseignante rassure les enfants craintifs. (Il n’y a pas d’araignées dangereuses au Québec). Les araignées sont très utiles, il faut les protéger.

Les enfants demandent à l’éducatrice/enseignante de prendre une photo. Elle leur suggère plutôt de dessiner ce qu’ils voient et les enfants courent chercher des planchettes et s’empressent de le faire (certains n’étant pourtant pas très portés sur le dessin). Elle encourage les enfants à observer.

En rentrant, l’éducatrice/enseignante aurait pu simplement laisser l’histoire de l’araignée et poursuivre son idée initiale. Mais elle décide de profiter de l’intérêt manifesté par les enfants y voyant une source de multiples apprentissages.

Elle invite ceux-ci à partager et commenter leurs dessins et observations. Elle les interroge sur ce qu’ils savent des araignées.

Ils disent qu’elles tissent des toiles (elles n’en font pas toutes, certaines préférant chasser), sont des insectes (ce qu’elles ne sont pas), qu’elles peuvent piquer. Une dit qu’elle aime les toiles d’araignées  parce qu’elles attrapent les moustiques pour qu’ils ne la piquent pas. Que les toiles d’araignées  ne peuvent pas vous faire de mal, elles servent à attraper des insectes. Ils débordent d’histoires d’araignée dans la salle de bains et autres situations où ils en ont rencontrées.

Photo tirée de l’article de la NAEYC


 





L’éducatrice/ enseignante consigne les dires des enfants et envoie un courriel aux parents leur indiquant ce nouvel intérêt des enfants.

 

Le lendemain, les enfants sont de nouveau à la recherche d’autres toiles d’araignées et en trouvent une autre.

Ils ont toutes sortes de questions: est-ce qu’elles dorment la nuit? Comment elles font pour marcher au plafond?, etc.

 

L’éducatrice leur demande comment ils pourraient trouver des réponses à leurs questions.

 

 L’éducatrice/enseignante apporte des livres sur les araignées de la bibliothèque. Des documentaires mais aussi des histoires d’araignées.

Les enfants apprennent, entre autres, que ce ne sont pas des insectes mais des arachnides. « C’est comme arachide!». (phonologie)

 

L’éducatrice/enseignante en parle aussi dans son réseau

Une conversation avec une voisine fait que celle-ci donne à la classe une tarentule ce qui motive encore plus les enfants dans leurs recherches.

Les parents, mis au courant, se mettent à parler d’araignées avec leurs enfants et à leur lire des livres sur le sujet.

 

L’éducatrice/enseignante modifie son environnement et ajoute des éléments.

Elle place à côté du terrarium des loupes, planchettes avec du papier et des marqueurs.

 

Les enfants se posent toutes sortes d’autres questions : est-ce que c’est un garçon ou une fille? D’où vient-elle?

 

L’éducatrice/enseignante a aussi placé des photos de différentes sortes d’araignées et de toiles. Les enfants comparent la tarentule aux autres.

Un enfant a apporté une araignée en plastique et celle-ci a été ajoutée à côté du terrarium. « Ça lui fait une amie» dit un enfant.

 La construction de savoir chez les enfants devient évidente : ils ajoutent dans leurs dessins des sacs à œufs, des yeux multiples (elles peuvent en avoir de deux à huit), ils comptent les pattes (huit) et les comparent les araignées aux insectes trouvés sur la cour.

Ils demandent comment on écrit tarentule, sac d’œufs, filière (pour la soie). Les enfants veulent écrire parce que c’est signifiant pour eux. La recherche scientifique, les mathématiques, le vocabulaire et l’apprentissage de l’écrit, trouvent naturellement leur place dans le cadre de cette investigation.

Ils intègrent le sujet des araignées dans leurs jeux : ils marchent sur des troncs et montent sur les structures de jeux « comme des araignées».

Photos Buffalo Zoo



Après leur «chasses» initiales aux araignées, ils ont aussi pris des photos pour tenter de mieux les identifier dans les livres et sur internet. Ils ont regardé un vidéo de la naissance des bébés araignées qui sortent de leur cocon.

 Ils en cherchent et en trouvent partout (avec leurs parents aussi) au parc, au zoo etc.

Photos Buffalo Zoo


Les enfants apportent des roches, des morceaux de bois pour faire es cachettes et des maisons aux araignées.

Ils les représentent avec de la glaise, du fil de fer, du carton etc.

Photo Garden Gate Development Center








 Mais l’éducatrice enseignante se rend compte que ce qui intéresse le plus les enfants c’est les toiles.

Elle met à leur disposition toutes sortes de matériaux.

Même s’ils savent maintenant que les toiles peuvent avoir différentes formes (triangulaire, en carré, en forme de hamac, en dôme, en entonnoir), c’est la forme circulaire qui les captive.

Les enfants peuvent en représenter de différentes façons : craie, marqueurs, peinture, blocs Légos, ruban cache, laine,  etc.

                    Photo Buffalo Zoo                                        Photo Garden Gate Development Center



3 Photos École Saint Sauveur                                          Photo Thames Tiddler Nursery

 

 Une provocation.

Une araignée sur un rétroprojecteur

 Dans le local d’arts plastiques quand les enfants entrent, il y a une toile d’araignée qui est projetée au sol. Les enfants se demandent comment cela est possible et hésitent à toucher cette ombre au sol. Les enfants découvrent la source de la lumière. Sur le rétroprojecteur est placée une photo d’une araignée.

Les enfants explorent l’équipement et découvrent que  quand ils font bouger l’araignée, elle  bouge au sol. Certains enfants hésitent à toucher l’ombre araignée. D’autres demandent s’ils peuvent dessiner l’araignée dans sa toile.

 L’animatrice qui a anticipé cette possibilité a préparé une grande feuille et les enfants s’installent sur la feuille et se mettent à tracer l’ombre.

Une tangente

 Plus tard, un enfant fait remarquer que c’est difficile de se rappeler où elles sont sur la cour. Cela donne a un petit groupe l’occasion d’apprendre à faire des cartes. Ils représentent la cour y indiquent les emplacements et  font une légende.


 Comme ce n’est pas tous les enfants qui s’intéressent à la conception de cartes, l’éducatrice/ enseignante propose aux enfants de former un Club des Insectes. Là, tous embarquent. Ils se fabriquent un insigne (une simple carte avec une ficelle) où ils dessinent leur insecte préféré et y écrivent leur nom. Ils ont un petit cahier avec leur photo et leur nom  (Le journal du club des insectes) sur lequel ils peuvent dessiner les insectes vus et noter leurs observations, des nouveaux mots, etc.

L’enquête s’élargit.

«Celui-ci a six pattes.»  Photo Buffalo Zoo



Photo Garden Gate Development Centre



Un ver de terre est-ce que c’est un insecte?


  



 « Il a des ailes, il est différent». Photo Buffalo Zoo

 

Et les fourmis aussi ont été suivies dans leurs déplacements : « Regarde, elles transportent  de la nourriture!»

 Les enfants représentent les insectes dans leurs dessins, peintures, collages, etc




Photo©Dominique Carreau



Ils apportent des toutous en classe : coccinelles et même un tamanoir mangeur de fourmis « pour vrai» et les utilisent dans leurs jeux de faire semblant.

Photo Buffalo Zoo

Les enfants classent spontanément les figurines d’insectes et araignées dans des contenants différents.

 Ils ont aussi parlé de la chaîne alimentaire: qui mange qui.

 

L’éducatrice/enseignante  continue à aller dehors avec les enfants avec leur petit journal de découverte de la nature, car le projet est loin d’être terminé.  Il s’arrêtera quand l’intérêt des enfants sera satisfait et que les enfants commencent à délaisser le sujet.

 

L’éducatrice enseignante peut aussi organiser des sorties et inviter des spécialistes en lien avec le sujet étudié.

Dans un autre groupe qui s’intéressait aussi aux araignées, l’éducatrice/enseignante

est allée avec les enfants et des parents à un Zoo dans l’espace Diversité de la Vie. Ils y sont même retournés pour répondre à d’autres questions : «Les araignées ont-elles une bouche?» «Des dents?» (Elles ont des crochets)

On pourrait aller à un insectarium s’il y en a un dans sa région.

 

Photos Buffalo Zoo

Elle a aussi  fait venir un entomologiste. Qui a répondu à d’autres questions : «Est-ce qu’elles ont une famille?» « Est-ce qu’elles grandissent »? (Oui, elles muent). « Est-ce qu’elle piquent?»

Avec l’aide de l’éducatrice/ enseignante, les enfants peuvent aussi, comme point culminant, faire une exposition de leurs travaux, pour les présenter aux autres groupes et même à leurs parents, à la directrice. Ils peuvent guider les invités en leur montrant ce qu’ils ont appris.

Ou faire un livre réunissant leurs observations.

 

L'enseignante fait le bilan des apprentissages des enfants et des siens

Les enfants ont observé et appris beaucoup de choses sur les araignées (et les insectes). Ils ont étudié les parties du corps des araignées. Ils savent maintenant qu’elles sont de différentes grandeurs, couleurs et formes. Comment elles se nourrissent. Que les  araignées ont différentes manières d’attraper des proies, qu’elles sont de très bons ingénieurs et sont systématiques dans la construction de celle-ci, que  leurs toiles servent à plusieurs chose (pas juste à attraper des proies). Que chaque espèce fait des toiles différentes. Qu’elles font des bébés.  Qu’elles sont utiles, qu’il faut les laisser tranquilles, etc.

Mais aussi ils ont appris comment trouver des réponses à leurs questions, à représenter symboliquement  (dessin, trois dimensions, écrit) des choses, acquis des méthodes de travail, du vocabulaire, catégorisé, fait des comparaisons, articulé et enrichi leurs connaissances, développé des habiletés. Ils ont « lu» et se sont fait lire des livres. Ils ont échangé, fait des liens, appris comment se comporter avec respect face aux  créatures dans la nature. Ils ont exercé leur motricité. Sans oublier leur plaisir de la découverte.

Ils se sont rendu compte que l’éducatrice/enseignante  s’intéresse à ce qui les intéresse, à leurs pensées, leurs créations. Cela a renforcé leur estime de soi.

 

On aura pu constater, au cours de cette enquête, que les projets sont des occasions rêvées pour l’émergence de l’écrit : les enfants sont motivés et trouvent du sens à leur écriture, lecture.

Ceux-ci ont partagé leurs connaissances grandissantes et formé, incluant l’éducatrice enseignante et les parents,  une vraie communauté d’apprentissage où chacun a trouvé sa place. Ils ont senti aussi que leurs idées comptent, ils ont forgé leur identité et développé l’assurance qu’ils sont des apprenants compétents.

 

Conclusion

 Bien sûr le projet s’inscrit dans le quotidien des enfants. Il est entremêlé dans le jeu. On ne fait pas que cela. Mais cela oriente leur attention et les amène à étudier en profondeur un sujet qui les captive.

L’éducatrice/enseignante les guide dans leurs recherches d’informations.

 Dans toute cette démarche, l’éducatrice/enseignante a documenté les dires et les réalisations des enfants et a partagé ces informations avec les parents et les enfants.

 Elle aussi a acquis toutes sortes de connaissances sur les araignées et certains insectes, mais surtout beaucoup sur les enfants eux-mêmes et leurs façons d’apprendre ainsi que sur leurs familles.

Pour les éducatrices/enseignantes qui planifient de façon émergente, qu’elles soient inspirées de Reggio Emilia ou de l’approche par projets ou l’enquête, les recherches et activités émergent des expériences quotidiennes des enfants dans leurs jeux, leurs explorations, leurs questionnements et émerveillement. Cela ne veut pas dire qu’elles ne peuvent pas proposer des sujets/activités mais qu’elles sont à l’écoute des enfants pour faire leurs propositions. C’est une façon de penser l’enseignement qui demande de la confiance en soi comme éducatrice/enseignante, une grande flexibilité et une confiance dans les capacités des enfants.

 

Références:


Bocher, Catherine (2012) The Spider – An investigation by children as a Project Approach, Posted on September 6th.

Harris Helm, Judy (2004) Projects that Power Young Minds

Ileto Anna  (2017) The Spider Project . A project by 3-4 year olds in the MWF Class Preschool at the Buffalo Zoo Project date: September 8th – December 20th.

National Association for the Education of Young Children (2015) Inspired by Reggio Emilia : Emergent Curriculum in Relationship-Driven Learning Environments, Young Children, November Issue.

Saskatchewan Ministry of Education.  Making Learning Visible in Kindergarten Classrooms. Embedding and Meeting Curriculum through Inquiry, Play-Based Learning

Thames Tiddler Nursery: The Spider Project


 Notes :

Cet article est une adaptation des articles ci-haut mentionnés.

Les photos de cet article ont été prises dans les sites de plusieurs CPE et maternelles où les enseignantes utilisent un curriculum émergent dans lequel on retrouve des projets dont ceux sur les araignées et les insectes.

samedi 2 novembre 2024

L’après Halloween : une occasion de démarrer des projets


L’Halloween est passée. Et vous êtes sans doute contentes de passer à autre chose. Cependant, les enfants ont vécu toutes sortes d’expériences et ont été exposés à toutes sortes de choses; des araignées et leurs toiles, des squelettes, etc. Certains ont peut-être eu peur des fantômes, de certains masques, des bruits.

Il serait peut-être intéressant de revenir avec eux sur leurs impressions et sentiments.

Cela pourrait aussi être un bon moment de commencer un projet par exemple sur les araignées ou le corps humain ou les super héros ou encore étudier des masques utilisés dans certains pays ou créés par des artistes.

Voici quelques exemples vécus dans des milieux préscolaires :

Projet sur les émotions :

https://jeulibrequebec.blogspot.com/2021/04/un-projet-sur-les-emotions-et-la.html

Un projet sur les araignées :

https://jeulibrequebec.blogspot.com/2022/04/un-curriculum-emergent-cela-lair-de.html

Un projet sur les Super- Héros :

https://jeulibrequebec.blogspot.com/2023/04/oui-ou-non-aux-jeux-de-super-heros_5.html

Une exploration du corps et des squelettes :

Les enfants s’intéressaient aux dinosaures, aux squelettes en particulier. Cela les a amenés à étudier les squelettes de différents animaux (seiche, oiseaux, etc.) et de leurs propre corps. Ils ont décidé de faire un musée où des os et leurs travaux ont été exposés. Ils ont collaboré exprimant leurs connaissances et leurs idées, ont fait des affiches, etc.

Photos Garden Gate




Dans ce même centre, les enfants étaient allés visiter une galerie d’art et avaient vus des masques qui les avaient interpellés. De retour au centre les éducatrices ont proposé du petit matériel et les enfants ont créés leurs propres masques.


 En écoutant les enfants vous découvrirez sans doute d’autres pistes.



mardi 2 avril 2024

Quelques idées d’expériences à faire à l’extérieur

 

Par Anne Gillain Mauffette

Il ne s’agit pas de reproduire une classe à l’extérieur avec tableau etc. mais de profiter de ce que l’extérieur a à nous offrir et à nous apprendre.

Jouer avec les ombres

Cela peut commencer par une observation, 










Photo Garden Gate

Ou par un jeu

Puis on va représenter nos ombres dans différentes positions soit sur du papier soit directement au sol.


 Photo Peachtree
Voir Segni Mossi Excited shadows: https://youtu.be/dywmIa00K6c?si=bmqTy1nCPGf59ohs

On va faire des ombres à plusieurs: des montres à quatre bras, à deux têtes, etc..

Tracer une ombre à différents moments de la journée.

Ensuite on va pouvoir discuter : c’est quoi une ombre, d’où cela vient, pourquoi parfois mon ombre est en avant et parfois elle est derrière, est-ce qu’il y a des jours sans ombre, est-ce qu’il y a des ombres le soir, est-ce qu’il y a des ombres de couleurs (dehors et dedans). Est-ce qu’on peut avoir plusieurs ombres? Et faire toutes sortes d’hypothèses qu’on va vérifier. On leur fournira le matériel nécessaire pour approfondir leurs recherches aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur (matériaux  transparents de couleur, lampes de poche, lampes orientables, etc.).

Pour vous inspirer, lire : Tout a une ombre sauf les fourmis  (de Reggio Children) où ils décrivent des projets sur les ombres.

Jouer avec la glaise

Vous n’aimez pas jouer avec la glaise à l’intérieur car cela fait des dégâts. Pourquoi ne pas en faire à l’extérieur?

On pourrait par exemple utiliser des matériaux naturels pour faire des empreintes et ensuite parler des fossiles.


 Photos Peachtree

Ou encore faire des personnages, des oiseaux, des animaux qu’on va installer dans les arbres :

Photos  Rosa Parks

 On peut aussi ramener des éléments naturels en classe, pour explorer les textures : ici avec une « cocotte», des branches.

Photo Garden Gate 

 

Avec des cailloux :

Les livres d’Andy Goldsworthy peuvent servir d’inspiration pour des compositions.

On peut aussi proposer aux enfants de se créer des jeux de dominos ou de tic tac toc en peignant sur des cailloux et d’y jouer dehors.

 

Observer les oiseaux

Les oiseaux sont très actifs au printemps, avec un peu de chance on peut en apercevoir sur la cour  (surtout s’il y a des arbres et des buissons), puis les représenter, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur et étudier leurs habitudes. Cela peut être des bernaches, des corneilles, de merles américains (dès qu’il y a un peu de gazon) ou des mésanges, etc.

            Photos Garden Gate                                     Washington Environmental Yard

Certains vont peut-être même découvrir des nids abandonnés ou habités.

Ici l’éducatrice a mis une caméra dans l’arbuste et les enfants ont pu suivre l’évolution dans le nid. 
Photos Peachtree

Les enfants peuvent les dessiner sur place  ou en rentrant.

                 Photo Environmental Yard                                              Garden Gate

Photos Peachtree

 Les représenter en terre glaise

Les peindre ou faire des collages.

                                                            Les enfants revisitent leurs créations

 

Observer les écureuils

Les enfants vont probablement en voir dans la cour. En promenade, ils vont identifier des nids d’écureuils dans les arbres. Ils vont apprendre à faire la différence entre un écureuil gris ou noir, roux ou un tamia. S’informer sur ce qu’ils mangent, etc.

Dans le projet ci-dessous, les enfants ont fait du dessin d’observation de nids d’écureuils. Pendant leur promenade ils avaient compté 7 nids mais un seul écureuil.

Où étaient tous les écureuils? Où vont-ils quand il fait froid? Puis quand le temps est devenu plus chaud, les enfants ont remarqué qu’il y avait plus d’écureuils. Ils les observaient souvent des fenêtres du local.


Ils ont regardé des vidéos, des livres, les ont peints dans leur environnement, ont fabriqué des nids et les ont représentés en terre glaise.

 

Ils avaient entendu que les écureuils pouvaient faire des sauts de dix pieds. Armés d’une règle, ils on confectionné une piste de saut et ont tenté de sauter 10 pieds. La plupart ont réussi à sauter 4, 5 pieds.

 Ils vont peut-être apercevoir d’autres animaux (ex. : des marmottes) et vouloir en apprendre plus. Comment appelle-t-on les bébés marmottes? Ils portent le joli nom de marmottons…

Étudier les vers de terre

 Avec la pluie, les vers de terre vont apparaître sur les gazons, les trottoirs, dans la cour.

Mais même s’il n’y a pas de pluie vous pouvez en trouver quand même : sauter dans un espace gazonné, retourner une motte de terre. Cela pourrait faire  le sujet d’une petite enquête.

À quoi ça sert un ver de terre, qu’est-ce que cela mange?

Photos Peachtree

Dans un projet avec des enfants de 3 à 5 ans, voici les questions que ceux-ci se posaient : Est-ce que les vers ont des yeux, un nez, des oreilles, une queue? Est-ce qu’ils aiment l’eau, est-ce qu’ils nagent? Qu’est-ce qu’ils mangent? Font-ils pipi et caca? Comment font-ils pour bouger?

Vous pourriez proposer aux enfants de faire des terrariums avec de la terre des feuilles du gazon.

Les enfants manipulent délicatement les vers de leur « ferme».     Les enfants créent des terrariums dans des bouteilles. Les parois seront obscurcies par un carton pour la nuit et le lendemain les enfants vont pouvoir observer les tunnels créés par les vers. Photos Project Approach

Même les mathématiques peuvent être abordées; combien en avons-nous trouvés?

Un enfant a eu l’idée de les mesurer ce que les autres ont imité.

Les enfants ont aussi rampé dans le tunnel de jeu imitant le déplacement des vers (Motricité globale).

 

Observer des insectes





Photo Steen Esbensen (Washington environmental yard)

 Les enfants vont en trouver et vous en rapporter. Ils pourront les examiner puis les relâcher.

Photo Pinnacle

 Mais entre temps ils auront eu l’occasion de  prendre des photos et de les représenter de différentes façons. Ils auront à leur disposition des documentaires pour s’informer les particularités de chacun. Ils étudieront par exemple la différence entre les insectes et les araignées (compter les pattes par exemple).

Photos Peachtree

                    Photo Garden Gate                                                              Photo Kids Resort

Photo Garden Gate                                      Photo Dominique Carreau

Un criquet

 

Ou vous pourriez observer des araignées.

Pour vous inspirer, voir : https://jeulibrequebec.blogspot.com/search?q=Projet+araign%C3%A9es

Ou peut-être vous lancerez-vous dans l’élevage de papillons.

                                            Photo Garden Gate                                

                        Des enfants regardent la chenille au microscope électronique              Photo Rosa Parks

 Chenille en J (Photos Garden Gate)
Papillon dans sa chrysalide                                              Papillon éclos
                Photo Garden Gate                                                                     Photo Suzie Nadeau

 

Pour vous inspirer voir le Projet papillon de Suzie Nadeau : https://jeulibrequebec.blogspot.com/search?q=Projet+papillon


Observer puis représenter des fleurs

Les fleurs n’ont pas toutes la même forme que la marguerite traditionnellement dessinée par les enfants avec ses pétales en couronne. Le dessin d’observation va amener les enfants à varier leurs schémas.

Même le simple pissenlit, premier arrivé, qui se transforme, peut mener à des créations originales:

                                Photos Garden Gate

Des bulbes :

S’il n’y en a pas sur votre cour ou dans votre quartier, vous pourriez en apporter de l’épicerie ou du fleuriste.

Photos Peachtree                                                           Photo Garden Gate
Photo Peachtree

On amène aussi des bulbes pour que les enfants puissent voir de quoi ça à l’air et même en faire pousser dans un contenant transparent juste avec de l’eau  pour voir les racines pousser.

                                            Photo LCP                                                  Photo Grammvert

 

Mettre la nature en bouteille : faire des potions magiques

Dans une bouteille remplie d’eau, mettre des objets de la nature. Ne pas donner d’outils, laisser les enfants trouver les moyens de faire rentrer des choses. Agiter la bouteille.

 Conserver pendant un certain temps pour comparer les changements avec le temps (couleur de l’eau et des éléments, etc.). Les enfants vont découvrir ce qu’il y a autour d’eux, faire des choix, voir ce qui flotte et ne flotte pas, le déplacement de l’eau, etc.



 Photos tirées de la Vidéo : Susanne Axellson

Les enfants pourront les utiliser dans leurs jeux de faire semblant et décider du pouvoir de chaque potion.

 

Faire de la peinture

Sur de petits chevalets (Photo Rosa Parks)       ou des grands (Photo Garden Gate)

Ou au sol (Photo Anne Mauffette)

Sur la glissoire                                   Sur la clôture                         Autour d’un arbre

Photo Susanne Axellson                      Garden Gate       Let the Children Play

Ou sur le mur  

Vidéo : Suzanne Axelsson. 

À plusieurs :

On fait couler la peinture ou rouler une balle

 Segni Mossi          

 

Pour voir les apprentissages possibles avec la peinture voir : Ce qu’un enfant apprend en faisant de la peinture : https://jeulibrequebec.blogspot.com/2021/08/ce-quun-enfant-apprend-en-faisant-de-la.html

En fait beaucoup d’activités artistiques peuvent se passer dehors : dessin à la craie, pastels, fusain, etc.        

                            Fusain (Photo Let the Children Play)    Photo Garderie Imagine

 

Jouer dans le sable

Photo Peachtree                              Photo tirées de la vidéo : https://youtu.be/7UCex3K_0j4

 

Pour voir  les apprentissages possibles avec les jeux de sable et d’eau, consultez: https://jeulibrequebec.blogspot.com/2021/11/jeux-deau-et-de-sable-une-combinaison.html

           

Il y a bien sûr tous les jeux moteurs

Jeux de poursuite, parcours, saut en longueur, corde à sauter, jeux de ballons, cerceaux, etc.

On pourrait mettre quelques ballots de paille sur la cour pour favoriser les actions de grimper, sauter,  ramper.




 Ou installer une corde pour que les enfants puissent se suspendre

Photo Peachtree


Il y a aussi tous les jeux à inventer avec des «loose parts» comme dans les vidéos suivants :

La cour d’école de  St. Michael’s : https://youtu.be/cm7IfAEsjqI

La boite à jouer à Vitruve : https://youtu.be/mfftlZTs3ps

Les Play Pods : https://youtu.be/zoIpA3JYoDc  ou https://youtu.be/nqi1KyJJeKg

Les apprentissages dans le jeu extérieur avec du matériel polyvalent (loose parts): https://youtu.be/Q4FXcAsF8IA?si=RxrLdGeYxm5_FZ-G


Faire un jardin

Vous avez une cour toute asphaltée. Cela reste possible avec quelques bacs surélevés.

On prépare les semis en classe puis on les transplante dans les bacs.

Photo Anne Mauffette                                      Photo Let the Children Play

Même un vieux bain peut resservir :

Photo LCP

Et les enfants vont représenter leurs fleurs ou légumes, les compter, etc.


Faire des observations météo :

Quelle température fait-il sur la cour : est-ce la même partout? Pourquoi ? Est-ce que cela varie dans la journée.  Des thermomètres à plusieurs endroits vont vous permettre de faire des comparaisons (et des graphiques).

Photos, don de Steen Esbensen ( Washington Environmental Yard)

Quelle quantité de pluie est tombée? Des pluviomètres bricolés vont vous renseigner (des bouteilles tronquées, du film plastique troué, des élastiques et des tasses à mesurer suffiront).

Et le vent ? Souffle t-il toujours dans la même direction, Comment le savoir? Et sa force est-elle toujours la même. On pourra utiliser des tissus, des rubans, fabriquer des vire-vent ou des manches à air (on peut en faire en forme de poissons comme au Japon Koinobori) ou encore des cerfs-volants pour jouer avec le vent ou même de simples sacs de plastique.

Voir : https://fondation-lamap.org/sequence-d-activites/construire-quelques-instruments-d-une-station-meteorologique

Même les flaques d’eau sont intéressantes. En plus de sauter dedans elles peuvent provoquer des questionnements. Est-ce que notre image est comme celle dans un miroir? Où va l’eau quand les flaques disparaissent?

S’exercer à manipuler des outils.

 LCP

Cela va renforcer les muscles de leurs mains et développer leur habileté manuelle.

Raconter des histoires dehors.

On peut proposer un temps de lecture dehors ou raconter une histoire.

Photo Washington Environmental Yard

On peut aussi proposer aux enfants qui le veulent, de nous dicter des poèmes sur la nature  commençant par : «Si j’étais…»  (un papillon, une coccinelle, un moustique,  un nuage, une goutte d’eau,  ou tout sujet de leur  leur choix), par exemple. Ou d’inventer une histoire collective qu’on peut  enregistrer  et  transcrire ensuite. Ces textes pourraient être reliés dans un livre.


Faire de la musique

Vous trouvez que faire de la musique à l’intérieur fait trop de bruit? On peut explorer les instruments à l’extérieur.

 Photos Anne Mauffette                                        Let the Children Play

Pour vous inspirer au niveau d’expériences sonores à proposer voir les articles :

https://jeulibrequebec.blogspot.com/2022/11/petites-explorations-sonores-2-la_68.html

et  https://jeulibrequebec.blogspot.com/2022/01/petites-explorations-musicales-1.html

 

La liste de possibilités à l’extérieur est infinie…

 À nous de nous inspirer de ce qui est autour de nous et de ce qui a attiré l’œil des enfants.

En ramenant des choses de l’extérieur, à l’intérieur, ou de l’intérieur à l’extérieur, on brouille les frontières entre les environnements et on élargit le curriculum.

En faisant de plus en plus d’activités dehors, on va favoriser le mouvement et le bien-être des enfants. Ils vont manipuler des objets, des outils et améliorer leur motricité fine.

On va les initier à l’observation scientifique ce qui va contribuer à leur concentration et les amener à apprécier et respecter la nature. Les échanges seront plus nombreux, leur vocabulaire va être augmenté et leur niveau d’expression amélioré. Il y aura moins de disputes et de manifestations d’hyperactivité.

En fait, tout le programme peut se vivre dehors.

 

 

 

 





Le déclin de l’imaginaire, ou quand les enfants n’osent plus inventer

À quoi ressemblera l’avenir si nous laissons s’éteindre cette capacité d’imaginer et de créer ? Par Véronique Dalpé L’autrice est enseignan...